Le cheval des nez-percés

Publié le 21 Novembre 2014

Le cheval des nez-percés
image nez-percé sur son cheval Edward Curtis

Le cheval en Amérique

Si l’on sait avec précision que des chevaux tachetés existaient en Europe à l’époque préhistorique (peintures pariétales des grottes de Lascaux et Pech Merle 18.000 ans avant JC), on sait aussi que les origines du cheval appaloosa, ce cheval tacheté est dû à l’élevage des indiens nez-percés.

Le cheval des nez-percés
image cheval andalou en 1600

Le cheval qui n’existe plus à l’état sauvage dans les Amériques sera importé par les espagnols colonisateurs dans les années 1520 quand ils s’établirent au Mexique pour y élever des chevaux et des moutons.

Les indigènes du Mexique mais aussi ceux de la frontière américaine qui travaillent chez les colons ou qu’ils les volent comprennent très vite les intérêts de posséder un tel animal et dès la fin du XVIe siècle, les apaches et les navajos ont parfaitement intégré ce cheval.

En 1730, les chevaux sont arrivés dans le nord de l’Amérique et c’est chez les cayuses que les nez-percés les découvrent. Il est permit de penser aussi que vers 1700/1730, ils les acquièrent par échanges commerciaux avec les shoshones ou lors des conflits avec leurs ennemis blackfeet.

L’élevage de sélection des nez-percés

Les nez-percés étaient alors établis dans la région frontalière de l’Oregon, de l’Idaho et de l’état de Washington. Ils étaient des pêcheurs/cueilleurs semi-nomades qui quittaient l’été la vallée pour se rendre dans les montagnes. Ils faisaient du commerce avec d’autres tribus et lors des échanges ils virent pour la première fois cet animal de bât. Ils acquièrent une jument pleine de couleur blanche qui constitue avec son poulain la base de ce qui deviendra d’immenses troupeaux qui se développent aisément dans un environnement favorable composé de pâtures grasse et de canyons. Les chevaux se multiplient le long des vallées de la Snake river, de la Palouse river et dans les plaines de la Columbia river.

Le cheval des nez-percés
indiens nez-percés en 1895 Ealdgyth
Le cheval des nez-percés
image chef Joseph dans la réserve de Colville en 1903

Au bout de 15 à 20 ans, chaque nez-percé possédait son propre cheval et savait parfaitement s’en servir. Ce peuple changea alors complètement son mode de vie, passant de pêcheur/cueilleur/agriculteur occasionnel semi-nomade à chasseurs nomades. C’était alors dans cette région, le seul peuple à les élever. Ils pratiquaient une élevage de sélection avec des principes liés au bât pour les chevaux corpulents et à la course et l’endurance pour les juments et les étalons plus forts et rapides ce qui leur permettait de chasser ou de guerroyer. Seuls les chevaux de qualité servaient à la reproduction.

Ils sélectionnaient à l’instinct et très bien sans en avoir aucunes notions (si l’on peut considérer qu’il en faille) et lorsque les premiers blancs arrivèrent à leur rencontre en 1804, en l’occurrence l’expédition de Lewis et Clark, Lewis décrivit son étonnement devant l’élégance et l’endurance des chevaux des nez-percés.

Lewis laisse même castrer un de ses chevaux par un nez-percé et l’animal se remet très vite et alors il déclare que la méthode de castration utilisée par les indiens est bien meilleure que la leur.

Le cheval révolutionnera la vie quotidienne des indiens tous groupes confondus. Il leur permet de porter les charges les plus lourdes ou bien de les tirer, il permet d’opter pour des techniques de chasse plus audacieuses ou de faire des raids guerriers.

En 1860, les nez-percés possèdent environ 20.000 chevaux, les cayuses , les walla-walla et les umatilla (qui appartiennent aussi au peuple des nez-percés) en possèdent environ 15.000.

Vers l’abandon de la race des nez-percés

Lorsque débute le conflit et la poursuite des nez-percés en 1877, le général Howard part à la poursuite du Chef Joseph et de son groupe alors que d’autres nez-percés se rendant à la réserve perdent au passage d’une rivière au courant trop puissant, plus de 900 chevaux.

Après les batailles qui virent s’affronter les indiens et l’armée jusqu’à la reddition du chef Joseph, l’armée décimera une grande partie de leurs chevaux considérés comme armes de guerre.

Des passionnées en sauvèrent quelques-uns qu’ils croisèrent alors avec des quarter horses pour éviter la consanguinité.

Le cheval des nez-percés
cheval appaloosa spotted blanket Kersti Nebelsiek

Le cheval appalloosa n’a plus grand chose à voir avec son ancêtre, le petit cheval des nez-percés : son corps est compact, son poitrail ouvert et musclé, sa musculature est importante. Ce sont des caractéristiques de chevaux de ranch à l’opposé de la description des chevaux des nez-percés.

Mais si le cheval appaloosa a de belles qualités, il le doit au travail de sélection de base des indiens.

Le nom appaloosa n’apparait pas avant 1870. Ce sont les agriculteurs qui s’établirent le long de la rivière Palouse où vivaient également les nez-percés avec leurs chevaux qui baptisèrent ces chevaux « Palouse », puis « Palousey horses » et ensuite « A Palousey » qui se transformera au fil du temps en appaloosa.

Le cheval des nez-percés
un cheval nez-percé dans la réserve des nez-percés JC i Núria

Le cheval des nez-percés
un akhal-teke au Turkménistan Kerri-Jo Ste

En 1992, un diné (navajo) marié à une nimiipuu (ne-percé) Rudy Shebala, entreprend un programme de sélection, le nez-percé horse program en croisant l’appaloosa au akhal-teke du Turkménistan et du nord de l’Iran afin de produire une race distincte, les chevaux des nez-percés.

Le conseil tribal nimmipuu, l’administration for native american et une association à but non lucratif, le first nations développment institute ainsi que le soutien de l’appaloosa horse club financent ce travail.

Mais cela ne concerne pas uniquement les chevaux, cela concerne aussi la condition sociale des nimiipuu.

C’est une race de cheval de selle d’1.40 m à 1.60 m au garrot, robuste , au poitrail large et au dos court.

Sa tête est fine, ses oreilles courtes et il a une tête froide avec un caractère égal , aimable et docile. C’est un cheval considéré comme fiable pour l’équitation western et le travail du bétail. Sa robe est généralement pie tachetée.

Les nez percés préfèrent le nom de nez-percé horse ou Palouse horse pour dénommer leur cheval.

Nez-percés horse registry

sources : wikipédia, equivod.fr

Le cheval des nez-percés
harnachement Edward Sheriff Curtis

Images du diaporama ci-dessous RL65 (selle homme, selle femme, couvre-rein, tapis de selle, cravache)

Le cheval des nez-percés
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