Brésil – Le peuple Sateré Mawé

Publié le 5 Septembre 2019

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crian%C3%A7a_ind%C3%ADgena_com_seu_animal_de_estima%C3%A7%C3%A3o_-_povo_Sater%C3%A9-Maw%C3%A9.jpg

Peuple autochtone du Brésil connu comme étant ceux qui ont inventé la culture du guaraná, ainsi que sa domestication et du processus permettant de tirer parti de cette plante.

Autres noms et formes du noms : sateré-maué, sateré-mawé, maooz, mabué, mangués, manguês, jaquezes, maguases, mahués, magnués, mauris, maraguá, mahué et magueses.

Le nom sateré = chenille de feu (en référence au clan le plus important de ce peuple, une lignée de dirigeants politiques).

Le nom mawé = perroquet intelligent et curieux. Il ne correspond pas à une désignation classique

Langue

Elle intègre le tronc macro-tupi mais diffère du guaraní-tupinambá selon l’ethnographe Curt Nimuendaju. Les pronoms sont en accord avec la langue curuaya-munduruku et la grammaire est tupi. Le vocabulaire contient des éléments étrangers au tupi , la langue de fait ne peut pas être reliée à aucune famille linguistique

Les hommes sont bilingues en sateré et portugais de nos jours mais les femmes ne parlent encore que le sateré.

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Localisation

Ils vivent dans la région médiane de l’Amazone sur 2 Terres Indigènes (TI), l’une est située dans l’état d’Amazonas et  l’autre à l’est du rio Pará.

Population :

13.350 personnes (2014)

Terres Indigènes

Rio Andirá, TI Andirá-Marau. Foto: Sônia Lorenz, 2014.

T.I Andirá-Marau – 788.528 hectares , 13.350 personnes, réserve homologuée.

T.I Coatá-Laranjal – 1.153.210 hectares, 2484 personnes, réserve homologuée

Aldeia Beija Flor dans laquelle vivent 10 peuples indigènes (Baré, Borari, Desana, Kambeba, Marubo, Munduruku, Mura, Sateré Mawé, Tukano et Tuyuka). 574 personnes, 47 hectares.

Le puratín (« rame magique »)

Puratín (« pu’ra » : pagaie en bois, « tin » : peint). Symbole et mémoire des Sateré-Mawé. Pièce de bois de 140 cm de long et 12 cm dans sa partie la plus large, en forme de massue ou de pagaie avec des sculptures en bas-relief recouvertes de peinture blanche. Il était utilisé comme une arme contre les entités du mal et a ensuite été reçu comme un emblème de la tribu.

Les losanges et les cercles des deux côtés racontent les histoires du début du monde, les légendes, les guerres et les événements sociaux, politiques, sociaux et religieux de la tribu. Il n’est lu que par les tuxauas (chefs de village) lors d’occasions spéciales.

Il a des propriétés magiques : il prévoit les événements et peut marcher seul pour résoudre des conflits dans des endroits éloignés. Pour les Sateré Mawé, c’est la Loi gravée sur le bois, leur plus haute institution, elle réunit les sphères politique, juridique et magico-religieuse.

Voici le témoignage de certains Tuxauas  : « Tout ce qui est écrit dans le Puratín est notre Bible. Il raconte le chemin d’où nous sommes sortis, et d’où la mort est venue. Nous venons tous de cet endroit, même les Blancs ».

« Dans le Puratín, on explique quand le monde s’est formé, le guaraná, le manioc. C’est le premier livre de nos ancêtres, et notre alphabet ».

source Pueblos originarios.com traduction carolita

Histoire

Dans la tradition orale les anciens Sateré Mawé disent que leurs ancêtres habitaient le vaste territoire situé entre les rives des rios Madeira et Tapajós, délimité au nord par les îles Tupinambaranas sur l’Amazone et au sud par les sources du Tapajós.

Leur lieu d’émergence est nommé «  Noçoquém », c’est la maison de leurs héros mythiques sur la rive gauche du rio Tapajós.

Les premiers contacts avec les blancs ont lieu lors de la venue de la compagnie de Jésus et la fondation par les jésuites de la mission Tupinambarana en 1669.

En 1692, après qu’ils aient tué plusieurs hommes blancs, le gouvernement déclare une « guerre juste » (c’est-à-dire légale) contre les Mawé, dont certains d’entre eux opposeront une résistance.

Leur territoire était déjà réduit avant l’arrivée des colons en raison des nombreux conflits qui les opposèrent aux peuples Munduruku et Parintintim.

En 1835 éclate une révolte indigène portant le nom de la Cabanagem et qui regroupait également des noirs et des métis contre l’élite politique de l’ancienne province de Grão-Pará. C’est la principale insurrection native du Brésil.

Les Mawé avec les Munduruku, les Mura et les indigènes du río Negro seront les derniers à se rendre en 1839.

De plus en plus le territoire se restreint sous la pression des « civilisés » comme sont nommés les colons blancs par les Mawés. Il y a eu tout d’abord les troupes de sauvetage, les missions jésuites et carmélites, ensuite la recherche effrénée des dénommées « drogues su sertao » dans le Brésil intérieur, puis l’extraction du caoutchouc et enfin l’expansion économique des villes et des fermes d’habitation, l’extraction du bois de rose et l’ouverture de zones d’extraction forestière.

En 1978 le processus de démarcation du territoire Sateré Mawé commence. La prolifération de villages situés sur les rives des rios Marau et Andirá est une réalité depuis 80 ans en raison de l’ingérence dans la vie traditionnelle des Sateré causée par les missions religieuses, le SPI ( l’ancien bureau de protection des indiens) et de la FUNAI.

Organisation politique et sociale

Les villages sont dirigés par un chef ou tuxaua qui se doit de résoudre les conflits internes, d’organiser les réunions, de guider les activités agricoles et les transactions commerciales, d’accueillir les visiteurs et de faire preuve de générosité. Il a aussi une fonction cérémonielle en offrant le çapó-guaraná en tant que boisson quotidienne, rituelle et religieuse.

Le capitaine est une autre figure importante de l’organisation politique du village mais son rôle n’est pas traditionnel. Il a été mis en place par le SPI et renforcé par la FUNAI afin de permettre de mettre en place les relations entre les Mawés et les blancs.

Mode de subsistance

L’agriculture est leur principale ressource, elle comporte de sources différentes : la culture du guaraná et celle du manioc comme base alimentaire. Les deux cultures sont commercialisées dans les villes voisines de Maués, Barrerinho et Parituns.

Ils plantent pour leur consommation propre du jerimun, de la patate douce, du cará blanc et violet et des fruits dont les oranges.

Ce sont d’excellents agriculteurs qui complètent encore leur base alimentaire par la chasse et la cueillette (miel, noix du Brésil, coquitos, fourmis, chenilles).

Culture matérielle et cosmovision

Tuxaua Manoelzinho Miquiles na leitura do Porantim, aldeia Nova Esperança, rio Marau. Foto: Sônia Lorenz, 1980.

Les Sateré-Mawé possèdent une riche culture matérielle dont les teçumes sont la plus grande expression. Ce mot « teçume » sert à désigner les objets fabriqués par des hommes avec des tiges et des feuilles des palmiers caranã, d’arumã et d’autre plantes pour fabriquer les tamis, paniers, tipitis , abanos, chapeaux, sacs, murs, couvertures des maisons etc….

Dans la cosmovision, l’accent est mis sur le « porantim », un morceau de bois d’environ 1.50 m de haut avec des dessins géométriques gravés en bas relief, recouvert de peinture blanche, la Tabatinga.

La forme rappelle un code de guerre ou une rame travaillée.

C’est une sorte de législateur social et les Sateré s’y réfèrent comme s’il s’agissait d’une constitution ou d’une bible.

Il a des pouvoirs magiques anticipant les événements, éliminant les désaccords et les conflits internes.

Sur son support sont gravés le mythe d’origine lié à l’histoire du guarana et le mythe de la guerre.

C’est pour les Sateré une institution maximale.

source : pib.sociomabiental.org

Ci-dessous retrouvez deux articles traduits complémentaires au sujet de la culture du guarana.

Ci-dessous retrouvez des articles traduits complémentaires au sujet de la culture du guarana.

Satéré Mawé – Les enfants du guaraná

Satéré Mawé – Préparation et consommation du guaraná

Brésil – Le rituel de la Tucandeira du peuple Sateré Mawé

L’origine du guarana (mythe)

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