Colombie/Brésil – Le peuple Siriano ou Tubú

Publié le 21 Avril 2019

Peuple autochtone habitant sur les rives du caño Paca et du caño Viña, des affluents du río

Papurí en territoire colombien et qui vit dispersé au Brésil le long des ríos Vaupés et Negro.

Autodésignation : siria-masa

Population

Colombie : 665 personnes

Brésil : 86 personnes (2014)

Terre indigène

  • T.I Alto Rio Negro – 7.999.380 hectares, 26.046 personnes, réserve homologuée. Ville : Japurá. 23 peuples y vivent : Arapaso (langue tukano), Baré (langue arawak), Desana (langue tukano), Hupda (langue makú), Karapanã (langue tukano), Koripako (langue arawak), Kotiria (langue tukano), Kubeo (langue tukano), Makuna (langue tukano), Mirity-Tapuya (langue tukano), Pira-Tapuya (langue tukano), Siriano (langue tukano), Tukano (langue tukano), Tariana (langue arawak), Tuyuka (langue tukano), Warekena (langue arawak), Yuhupde (langue makú), isolés de l’igarapé Waranaçu, isolés du rio Cuririari, isolés du rio Uaupés.
langue tukano n° 17

Tubú – Siriano, traduction du site de l’ONIC


Autres noms


Siriano « le peuple des rêves » – Sura masa, Cirnga, Chiranga, Si-Ra – Ciriana, Ciriano. 

Situation géographique


Le territoire du peuple siriano du Resguardo Parte Oriental del Vaupés, correspond au département de Vaupés et qui se trouve principalement dans la rio Paca et ses affluents, les rios Wiba et Viña. On les trouve également le long des caños de l’Abiyú, sur la rivière Vaupés : Caño Hierba, Bocas del Yi, Caño Ti et Mitú. Des communautés siriano vivent également au Brésil.

Population


D’après le recensement de 2005 du DANE, 544 personnes se sont déclarées appartenir au peuple siriano, dont 45,8 % d’hommes (249 personnes) et 54,2 % de femmes (295 personnes). Les Siriano sont concentrés dans le département de Vaupés, où vivent 61,9 % de la population (337 personnes). Viennent ensuite le Guaviare avec 8,1 % (44 personnes) et le Meta avec 6,1 % (33 personnes). Ces trois départements représentent 76,1 % de la population de ce peuple. Les Siriano représentent 0,04 % de la population autochtone de Colombie.

Selon les mêmes données du DANE, la population siriana vivant dans les zones urbaines correspond à 59,4 % (323 personnes), ce qui est supérieur à la moyenne nationale pour la population autochtone urbaine, qui est de 21,43 %. Le pourcentage de la population siriana qui ne sait ni lire ni écrire est de 17,8 % (97 personnes), dont la majorité sont des femmes, 62,9 % (61 personnes). Le peuple siriano vivait traditionnellement dans des malocas rectangulaires construites avec des matériaux locaux tels que l’écorce des arbres, les feuilles de palmier et le bois, et ils sont maintenant organisés en maisons individuelles pour les familles nucléaires.

Langue


La langue siriana appartient à la famille linguistique tukano-orientale, à laquelle s’ajoutent une quatorzaine d’autres langues, qui présentent des similitudes structurelles notoires entre elles. En fait, il est très courant pour ces peuples autochtones de parler plus d’une langue. Cette exogamie linguistique, en tant qu’élément culturel, est due au fait qu’ils doivent faire des alliances matrimoniales avec des membres de groupes parlant d’autres langues. Ainsi, les familles ont tendance à transmettre à leurs enfants deux langues différentes, celle du père et celle de la mère. Cependant, dans les foyers, l’utilisation et l’enseignement de l’espagnol sont privilégiés.

Les plus jeunes Sirianos représentent le pourcentage de personnes qui ne maîtrisent plus la langue ancestrale et qui ont acquis l’espagnol. Bien que le nombre de locuteurs ait diminué, la langue conserve ses espaces d’usage. Il est courant de l’entendre dans la plupart des contextes communautaires (dans la maloca, à la maison et sur le lieu de travail) et parmi les personnes d’origines différentes (famille, amis et voisins). Ceux qui ont abandonné leur langue maternelle n’utilisent que l’espagnol. (Atlas des langues autochtones. Ministère de la Culture)

 Culture

type de maloca utilisée dans le rio Vaupés


Selon la page des Povos No brasil (PIB) autochtones, le peuple siriano fait partie des groupes Tukano, donc : 

Les groupes Tukano sont patrilinéaires et exogames, ce qui signifie que les individus appartiennent au groupe de leur père, parlent leur langue et devant épouser des membres d’autres groupes qui, idéalement, parlent une autre langue. À l’extérieur, les groupes sont équivalents mais distincts ; à l’interne, chacun a un certain nombre de clans classés hiérarchiquement. Les ancêtres de ces clans étaient les enfants du premier ancêtre de l’Anaconda, et l’ordre de naissance, qui correspond à l’ordre d’urgence du corps de leur père, détermine leur classification : les clans de rang supérieur sont collectivement considérés comme des « frères aînés » pour ceux de rang inférieur.

La position du clan est associée à une hiérarchie et présente une corrélation subtile avec la résidence : les clans de niveau supérieur ont tendance à vivre dans des endroits plus favorables, c’est-à-dire dans les parties inférieures des rivières, tandis que les clans de niveau inférieur vivent souvent dans les zones des sources ou dans les parties supérieures des rivières. La classification du clan a aussi ses correspondances rituelles : les clans supérieurs, les « chefs des Anaconda », sont des « chefs » qui parrainent les principaux rituels et contrôlent les ornements de danse du groupe et des Yurupari ; les clans moyens sont des spécialistes de la danse et du chant ; en dessous, les chamans, et ensuite, le rang inférieur, est occupé par les clans esclaves (domestiques), la « queue de l’Anaconda », qui est parfois associée aux Makúdos semi-nomades qui résident dans les zones interfluviaires. (… symboliquement, la maloca est la reproduction miniature de l’univers, et ses habitants constituent à la fois une réplique et un précurseur de l’idéal d’organisation clanique décrit précédemment. De cette façon, le père de la communauté qui habite la maloca serait l’ancêtre anaconda de tout le groupe et ses enfants seraient les ancêtres des clans qui en sont issus. Suivant cette logique, le fils aîné et le frère aîné sont généralement à la tête de la maloca, il n’est donc pas rare que ses jeunes frères et sœurs soient danseurs, chanteurs ou chamans, dont les rôles correspondent généralement à l’ordre de naissance. Mais le pouvoir et la position sociale dépendent aussi de l’énergie et des initiatives personnelles, pas seulement de l’organisation formelle, de la parenté ou de l’ordre de naissance. 
La plupart des rituels Tukano et de la vie religieuse se concentrent sur les objets (comme les ornements de plumes et les flûtes Yurupari) et les substances sacrées (comme le carayuru – la peinture rouge naturelle pour le corps), la cire d’abeille, cire de brea -résine végétale -, mambe -fabriquée avec des variétés de feuilles de coca -, tabac et ayahuasca), ainsi que des biens moins tangibles sous la forme de noms, cérémonies, prières, guérisons, bénédictions et chansons. Ces objets sont la propriété du groupe et constituent l’expression de ses pouvoirs spirituels. Au niveau collectif structurel, les rituels qui comprennent de tels éléments peuvent être considérés comme des expressions formelles de l’identité du groupe et des relations intergroupes. En même temps, à un moment donné, ces rituels constituent des expressions de relations politiques. (PIB, Siriano)

Économie


A partir du texte Connaissance Siriano et Bará sur les abeilles indigènes de la Communauté Bogotá Cachivera ; Mitú, Vaupés (2012) on constate que la communauté Siriana dispose de diverses ressources pour ses activités productives, entre celles-ci ils sont les abeilles et la pêche comme les principales, tant par leur production que par leur valeur ancestrale :

Nous pouvons vous dire que la coca, le tabac, le carayuru et le were/ weteroa (cire d’abeilles du même nom) ont été donnés dès le début par notre créateur. Notre créateur est Gama-Foje (Yurupari). Nous pouvons vous dire que le Yurupari est la force active qui a toujours existé et qui existera toujours. Cette force a créé l’essence de l’homme. Pour nous atteindre, l’instrument avec lequel il se manifeste dans les rituels est formé. Il a également décidé que ces éléments devraient être utilisés pour accomplir des prières de protection et de malédiction. Ainsi, dans le cas précédent, ils utilisent certains de ces éléments dans leur prière pour sauver Cristina des griffes du diable omabarimasũ. (Origen y entrega de were weteroqui, p, 21)

traduction carolita du site de l’ONIC

ONIC – Pueblos

Articles complémentaires

Dossier culturel sur les peuples du río Negro

Brésil – Peuples indigènes du Rio Negro – Historique du contact

%d blogueurs aiment cette page :