Fédération de Russie : Le peuple Shor

Publié le 15 Avril 2018

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Peuple turc sibérien de l’Oblast de Kemerovo en Fédération de Russie qui fait partie des minorités ethniques reconnues par la fédération de Russie.

Autres noms : shorians, tatars Kuzneskie, Kondoma et tatars Mras-Su (dans les documents des 7e et 8e siècles).

Autodésignation : lllop ou shor

Mras kizhi = le peuple de la rivière Mras su

Kondym kizhi = le peuple de la rivière Kondoma

Chysh kizhi = peuple de la taïga

Population : 12.888 personnes

Langue : chor, langue turque sibérienne du sud, groupe turc de l’Ienisseï

9400 locuteurs

Il y a 2 dialectes : Mrasu dans les bassins du Tom et Mrasu et Kondoma dans les bassins du Tom et du Kondoma.

Le dialecte Mrasu est le plus répandu.

Ils ont un riche vocabulaire dans le domaine de l’environnement, la flore et la faune ; la nature et des emprunts à la langue mongole et au russe.

Territoire

Bassin du Tom, le long des rivières Kondoma et Mras-su dans la région appelée historiquement Shoria montagneuse et en Khakhassie, république de l’Altaï.

Les clans ou tribus étaient Koby, Karga, Ky, Aba, Shor…

oblast de kemerovo- Par TUBS — T, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15937511

Les Shors du sud vivent en Sibérie dans la région nord de l’Altaï et Kuztnetsk, Alatau sur les rivières Kondoma, Mrasu et Tom. C’est une région montagneuse (taïga de montagne) au cœur du Kuzbas située dans la région de Kemerovo.

Les Shors du nord vivent en bordure des provinces autonomes de Khakhass et de la montagne Altaï.

Ils travaillent dans les mines de charbon de Sibérie dans le district de Myshkovsk (région de Kemerovo).

Une partie des Shors a émigré et est devenu Khakhass.

Histoire

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Leurs ancêtres sont supposés être des ob-ougriens et des Kètes.

Les nomades ont parcouru les régions de la taïga au nord des monts Sayan et payé leur tribut en fourrures et en ferronnerie.

Entre le 6e et les 13 e siècles, influencés par les anciens Altaïques Ouïgours et Yenisey Kingiz ils adoptent la langue turque et prennent le nom de As.

Plus tard des éléments ethniques Tatars et Mongols augmentent dans leur peuple.

Depuis le 6e siècle les ancêtres des Shors rendent l’hommage aux Kagans turcs, aux Khans Ouïghours et aux propriétaires terriens mongols et Kalmouks.

Entre le 14e et le 17e siècle ils appartiennent à une union ethno-sociale appelée Hongoray-Hooray dans la steppe du moyen Yenisey.

Dans les sources russes du 17e siècle ils sont appelés Tatars de Kuznetsk, de Mrasu et de Kondoma et sont célèbres grâce à leur travail du métal

 En 1618 apparaissent les russes dans leur région qui conquièrent les peuples sibériens. Les russes sont intéressés par les Shors en raison de leurs fourrures et de leur ferronnerie.

En 1641 les russes cherchent à déstructurer les Shors en échange de marchandises et en monopolisant toute leur production. Les Shors résistent farouchement.

Leur commerce avec les Kalmouks, les Teleuts, les Yeniseans et les Kirgiz leur garantit la survie et une partie des fourrures en hommage est obtenue en échange de ferronnerie.

Au début du 18e siècle les russes arrivent à subordonner l’économie des Chors.

A la fin du siècle cela provoque la disparition de la métallurgie shor. Les marchandises fabriquées par les russes commencent à circuler en grand nombre et la demande de fourrures augmente.

Pour les Shors du nord ces changements signifient un bouleversement de leur mode de vie.

En 1851 l’extraction du charbon débute à Kuzbas et une industrie à grande échelle prospère. La production de charbon, le travail de construction, les usines, les mines, le réseau ferroviaire provoquent une explosion démographique dans la région Shor. Quand ils commencent à entraver les industries en expansion, ils sont déplacés par l’état.

Les Shors du nord sont envahis par l’industrialisation locale et les Shors du sud sont collectivisés.

En 1949 la moitié du travail est lié à l’agriculture et un tiers dans l’industrie.

Ils adoptent le mode de vie russe et abandonnent peu à peu leur culture sauf dans les endroits reculés. Ils ont tiré peu de bénéfices de la richesse de leur terre du moment où les russes ont empiété sur leur territoire. Avec les problèmes de l’assimilation contrainte ils sont développé des problèmes d’alcoolisme et contractés des maladies vénériennes des colons.

Mode de vie

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Ils étaient des chasseurs et des pêcheurs très compétents en matière d’environnement pouvant même prédire l’étendue de la croissance des bois dès l’apparition des jeunes plants.

Leur religion animiste était basée sur une adoration des montagnes et de la faune.

Les chamanes étaient les chefs spirituels, très importants dans leur communauté.

La religion chrétienne orthodoxe avance en même temps que la colonisation russe et ils se convertissent à cette religion au début du 20e siècle.

Ils commencent à se passer de la chasse et de la pêche pour se convertir à l’agriculture.

Au début du 20e siècle toute la région de l’Altaï est désignée comme une terre appartenant à l’état. De 1910 à 1913 des terres sont partiellement réparties entre les Shors et la location à des colons ce qui provoque un afflux de migrants.

Sous le régime soviétique une campagne d’éducation est lancée et à cette époque les Shors avaient leur propre langue littéraire, 32 écoles et 64 enseignants autochtones. 5782 personnes suivaient des cours contre l’analphabétisme.

En 1925 est créé le district national de Gornaya shoria, il sera aboli en 1939.

De nos jours ils essaient avec leurs moyens de redonner vie à leur culture mais le défi est grand et les barrières nombreuses.

source

Article complémentaire

Fédération de Russie : Les peuples de l’Altaï

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