Brésil – Le peuple Xakriabá

Publié le 27 Septembre 2019

Rosalino Xakriaba et son groupe, aldeia Sapé, 1984

Peuple autochtone du Brésil vivant dans le Minas Gerais. C’est l’un des rares peuples indigènes vivant dans cet état. Ils ont survécu à d’intenses contacts avec les bandeirantes tout d’abord, puis avec les éleveurs et les prospecteurs par la suite. Ils se battent de nos jours pour étendre leurs terres délimitées et en récupérer une partie.

Il y a aussi un processus d’appréciation culturelle, une recherche d’identification et  l’enregistrement des aspects de leur culture pour la protéger.

Autodésignation : xakriabá

Autres noms : xacriabá, xikriabá, chakriabá, chikriabá, shacriabá.

Etat de Minas Gerais

Il y a 4 Terres Indigènes (T.I)

T.I Xakriabá – 46.415 hectares, sud-ouest de Manga, rives du rio Itacarambi, homologuée. 7999 personnes.

Villes : São João das Missões.

T.I Riachão/Luiza do Vale, 9709 hectares, domaine indigène. Villes : Rio Pardo de Minas, Serranópolis de Minas.

T.I Xakriabá rancharia, 6798 hectares, 871 personnes, homologuée. Ville : São João das Missões.

T.I Xakriabá, 43.357 hectares, identifiée et approuvée par la Funai mais suspendue par décision juridique. Villes : Cónego marinho, Itacarambi, São João das Missões.

sao joa das missoes minas gerais Por Raphael Lorenzeto de Abreu – Image:MinasGerais MesoMicroMunicip.svg, own work, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1113472

Langue : de la famille macro-jê, langue éteinte qui faisait partie du sous-groupe jê centrales.

Le climat dans leur région est chaud toute l’année, la saison des pluies est d’octobre à mars. Les précipitations ont diminué ces dernières années. La végétation prédominante est le cerrado avec les arbres pequi, aroeira, juá, jurema, braúna, pau d’arco.

La végétation est native et compose des forêts sèches parsemées de sentiers.

Les zones sont utilisées pour la chasse, la cueillette dont les fruits : cagaita (eugenia dysenterica), , jaboticaba, fruit de la passion, melon são caetano, xixá (sterculia striata).

jaboticaba Par Adamantiaf — Travail personnel (Original text : I created this work entirely by myself.), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7293076

xixa Por João Medeiros – Sterculia striata, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32173875

Les animaux les plus courants sont les cerfs, les agoutis, les tatous, les jaguars, les lapins, les renards, les mouffettes, le cariama ou seriema (oiseau). Certaines espèces sont en danger, et la déforestation sur la TI a augmenté de façon inquiétante.

seriema CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1064650

Quelques faits historiques

Ils vivaient autrefois dans une zone plus vaste de la vallée du rio Tocantins. Le bandeirante Matias Cardoso de Almeida est responsable de la mort au début du XVIIIe siècle de personnes de ce peuple.

En 1927 a lieu le premier conflit majeur dans la région de Rancharia quand les fermiers clôturent une partie du territoire des Xakriabá et forcent des indiens à la construire. Cela révolte les indiens et ils mettent le feu à la clôture. Il y aura des indiens tués dans l’affrontement que cela développe.

Dans ce peuple des leaders importants se démarquent dont Rosalino et Rodrigo qui signalent l’invasion du territoire Xakriabá.

A partir de 1978 la Funai se charge d’entamer le processus d’homologation du territoire de rancharia, au cours de cette période, trois leaders indigènes seront tués dont Rosalino, par des propriétaires. Les terres sont délimitées ensuite mais le peuple ne cessera de se battre, la TI de Rancharia est démarquée en 2000 après de nombreuses luttes, surtout de la part des anciens.

Ils font face à la révolte des agriculteurs et réussissent malgré tout à obtenir la démarcation de leurs terres mais ceci n’est pas encore terminé et ils sont en train de lutter pour obtenir des territoires qui sont aux mains de non indiens.

Célia Xakriabá une jeune leader indigène By Universidade de Brasília from Brasília, Brasil – #inspiraUnB – 2º/2018, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=72776713

Nul concept de propriété privée chez les indiens

Cet ancien peuple de chasseur/cueilleur n’a pas de concept de propriété privée en ce qui concerne le régime foncier. Les critères adoptés pour définir l’accès à la possession sont basés sur la maturité de l’individu qui est identifiée à partir de la constitution d’une famille. Le nouveau chef de famille peut alors choisir une partie de la terre pour y aménager son jardin et construire une maison. Il y a néanmoins une tendance respectée à la matrilocalité chez le nouveau couple qui s’installe généralement après son mariage dans le village des parents de la femme près des champs pendant une période donnée (souvent jusqu’à l’arrivée du premier enfant).

Chez les Xakriabá le travail est souvent collectif ou  communautaire

Ils sont solidaires et participent au travail collectif pour les jardins communautaires. De même les surplus de chaque famille sont échangés en interne entre les membres de la famille ou du village.

La cueillette est également une activité collective impliquant la famille élargie ou le village. C’est un échange de jours de travail entre les différents membres du groupe et son cycle se termine lorsque tous les participants ont reçu leur journée de travail collectif.

L’échange de travail entre parents a lieu pour les petites tâches et pour les travaux agricoles, c’est une division qui se fait par sexe et par âge avec l’exclusion du travail féminin dans le défrichage des champs. Sinon pour le reste les femmes participent.

Les champs sont plantés de haricots andu, de manioc, de patate douce, de sésame.

La canne à sucre est transformée en rapadura (pain de vesou) dans des moulins communautaires auxquels tous ceux qui plantent de la canne à sucre ont accès.

Ce produit revêt une grande importance pour le peuple en tant que moyen d’accès au marché régional. Cela leur permet avec l’argent récolté d’obtenir des produits manufacturés comme les vêtements, le café, les cigarettes, le sel, les allumettes…

Les activités agricoles et d’élevage concernent 45% des hommes, certains travaillent dans des fermes ou comme domestiques, d’autres dans des mairies.

Vie sociale et politique

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Le mariage préférentiel chez les Xakriabá était le mariage entre cousins croisés mais celui-ci a subi l’influence de l’église catholique qui l’a découragé.

Les jeunes se marient très tôt dans ce peuple, vers 14/16 ans.

La plus grande unité politique est le village Xakriabá subdivisé en petits villages et en familles.

Le chef représente la communauté dans son ensemble, il est responsable de la représentation externe, de la résolution des problèmes interethniques, de l’articulation des solutions internes pour éviter les conflits.

Chaque village a son propre représentant ayant les mêmes devoirs que le chef de la communauté.

Chaque village a un conseil composé de chefs de famille de la communauté, le conseil jouit d’un prestige et d’un pouvoir effectif.

Religion

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92.4% des Xakriabá se considèrent catholiques mais cela n’exclue par leur croyance en Yayá avec laquelle il concilie le catholicisme. Les dirigeants politiques doivent avoir la croyance dans le héros Yayá car pour eux la politique est liée à la religion (Pena 2009). Le personnage principal est le chaman qui est doté d’un pouvoir de médiation entre le peuple et Yayá l’entité principale. Le chaman connait parfaitement la « science de Yayá » c’est-à-dire chaque système religieux Xakriabá qui tourne autour de cette entité. Le chaman est considéré comme un bienfaiteur et il n’existe pas de catégorie socio-religieuse de malfaiteur.

Source : pib.socioambiental.org

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