Peuples originaires à Cuba

Publié le 6 Juillet 2016

Les peuples du monde – Etat des lieux : Cuba
ples Reconstitution d’un village Taïnos à Cuba Par Panther — Travail personnel (Original text : selfmade), CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11229056

La république de Cuba est un pays insulaire des grandes Antilles situé au sud des Etats-Unis et à l’est du Mexique.

Elle est entourée au nord par le détroit de Floride, à l’est par l’océan atlantique, au sud-est par le Passage du Vent, au sud par la mer des Caraïbes et à l’ouest par le détroit du Yucatan.

Le pays avec les petits archipels autour de lui a une superficie de 114.525 km2 (4 fois plus petit que l’Espagne, 4 fois plus grand que la Belgique).

Il y a 1600 cayos (îlots) sur 5 groupes d’îles, Los Colorados, Sabana, Camagüey, Jardins de la reine, Los Canarreos et l’île de la Jeunesse.

La colonisation de Cuba démarre en 1511 lors de l’expédition de Diego Velasquez de Cuellar.

Le mot français Cube est adapté en Cuba pour désigner le travail de recherche et d’exploitation des métaux précieux comme l’or et le cuivre.

Il faudra 5 ans aux colons pour exterminer la population indigène, des indiens Taïnos (travail de forçat, massacres) et les réduire à quelques centaines d’individus, ce peuple sera le premier à être décimé par la colonisation .

Les colons devront donc en désespoir de cause se tourner vers de la main d’œuvre esclave en provenance d’Afrique ce qui sera déterminant sur la populations future de l’île.

La population est de 11.167.325 habitants soit 101.6 hab/km2.

Cette population est inégalement répartie sur le territoire.

La ville de La Havane et celle de Santiago de Cuba forment près de 20% de la population totale ensuite ce sont les provinces de Holguin, Granma, Villa Clara et Pinar del Rio qui sont les plus peuplées.

37% de la population totale est d’origine espagnole, 51% est métis ou mulâtre, 11% sont noirs descendants des esclaves amenés dans l’île au XVIIe siècle.

Les descendants d’autochtones sont peu nombreux, ce sont des descendants des Taïnos et des Ciboney qui peuplaient l’île avant sa découverte par Colomb et qui ont été rapidement décimés par la colonisation.

Le pays depuis la révolution socialiste a su développer de bons marqueurs dans certains domaines de la vie sociale, ce en dépit d’un embargo économique qui est âgé de plus de 50 ans.

Par exemple la mortalité diminue fortement entre 1950 et 2010.

Le taux de mortalité infantile passe de 80.6 sur 1000 naissances vivantes en 1950/1955 à 5.3 en 2010.

L’espérance de vie s’améliore entre 1950 et 2010 pour arriver à 80 ans (EU = 78 ans).

Le taux d’alphabétisation est le 3e au rang mondial avec 99.8%.

Selon l’OMS, le système de santé cubain a valeur d’exemple pour tous les pays du mi=onde.

« Cuba est le seul pays qui dispose d’un système de santé étroitement lié à la recherche et au développement en cycle fermé. C’est la voie à suivre car la santé humaine ne peut s’améliorer que grâce à l’innovation » selon Margaret Chan de l’OMS.

Les peuples du monde – Etat des lieux : Cuba

Les Taïnos

Lorsque les espagnols conquirent l’île en 1510, Christophe Colomb en avait déjà exploré les côtes lors de son premier voyage.

C’est aux environs de Baracoa, au nord de l’actuelle province d’Oriente que les 300 hommes enrôlés par Diego Velasquez De Cuellar débarquent pour assujettir le pays. Bartolomé de Las Casas fait partie de l’expédition.

Cette île vit d’une plus grande culture des terres agricoles que les autres îles des Antilles depuis un siècle et demi.

La population indigène de Cuba vers 1510 est estimée à 112.000 personnes, suite au passage des conquistadors, il reste moins de 5000 indiens quarante ans plus tard !

Las Casas parle à son arrivée à Baracoa de 200.000 indigènes, que Velasquez propose de répartir entre ses compagnons d’armes sans préciser s’il s’agit de la population de l’île entière.

Premiers contacts

On ne sait comment les indiens de l’île vont réagir !

Dans la région de Camagüey, plus de 2000 indiens ont appris l’arrivée d’étrangers et c’est les bras chargés de présents (cassaves, poissons, fruits) qu’ils viennent devant eux !

Le premier contact se passe bien, les espagnols mangent tranquillement quand tout à coup, l’un d’eux tire son épée, signal de la boucherie…..

Las Casas relate :

« ….un ruisseau de sang indien s’écoulait, comme si l’on avait tué beaucoup de vaches !… »

Première résistance

La résistance s’organise avec des combats plus importants et plus nombreux. Mais le naturel affable et peu guerrier des indigènes de Cuba donnent lieu à un aspect singulier et unique aux Amériques : il les incite au fatalisme, les conduisant au suicide. Des familles entières se réfugiaient dans la mort volontaire.

Ceux qui survivent au génocide mourront de misère et d’épuisement dans les mines. Certains historiens espagnols évoquent volontiers une épidémie de variole qui aurait tué le tiers de la population indigènes…..facile !!

La suite avec ce lien ci-dessous :

Cuba : Les derniers indigènes aux premiers esclaves

Les peuples du monde – Etat des lieux : Cuba
Par © Jorge Royan / http://www.royan.com.ar, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14886999

Les afro cubains

Jusqu’à la fin du XIXe siècle la culture est celle des esclaves puis au XXe siècle celle de leurs descendants. Elles sont aujourd’hui celles de tous les cubains, qu’ils soient noirs, blancs ou métis, une culture créole transformée, séparée de la matrice africaine et devenue cubaine au gré des métissages.

Les Yoruba arrivent avec les bateaux négriers et sont répartis dans les 4 provinces de l’île. Ils représentent la plus grande majorité à Cuba venant du Nigéria, du Bénin et parfois du Togo. A Cuba on les connaît sous le nom de Lukumi. Pendant la période coloniale ils feront émerger un culte « Regla de Ocha » que l’on connaît mieux sous le nom de Santeria, une sorte de syncrétisme religieux faisant intervenir des divinités originelles associées à des saints catholiques.

Les peuples du monde – Etat des lieux : Cuba

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Les esclaves originaires de l’extrême sud du Nigéria sont appelés à Cuba les Carabali. Leur culture est célèbre par la société des masques, souvent secrète et qui est la société Abakuá.

Chaque peuple en provenance d’Afrique a ses coutumes et son culte qu’il dépose à Cuba où on l’a emmené par la force.

Les congos sont issus de différents peuples d’origine bantoue (Congo Brazzaville, Congo Kinchasa et Angola). Les esclaves congos se livraient à des rites magiques jetant des sorts à leurs tortionnaires blancs. Il existe plus de 30 noms de nations congos à Cuba.

Les esclaves bantous se sont soulevés plusieurs fois durant la période coloniale et ont formé des palenques qui permirent de préserver leur culture.

Les Arara sont les moins nombreux à Cuba, ils sont originaires de l’ancien royaume de Dahomey.

Là où s’exprime avec le plus de force l’héritage africain sur le sol cubain, c’est dans sa musique.

De nos jours, tout n’est pas encore réglé pour les afro descendants cubains :

Les discriminations raciales et de genre se manifestent dans tous les espaces de la société cubaines , non seulement dans l’accès à l’emploi et aux ressources ou à l’intérieur du foyer, mais aussi dans le comportement social des hommes et des femmes”, pense l’historienne de 76 ans, fondatrice du groupe fémniste Afrocubanas, dans une interview accordée à IPS.

Il s’agit là de l’une des questions n’ayant pas été solutionnée par la Révolution de 1959 , qui même si elle a décrété constitutionnellement la non-discrimination et l’offre d’opportunités égales de formation éducative et d’emploi aux personnes noires et métisses, n’a pas réussi à freiner le racisme historique d’un pays dans lequel l’esclavage a été aboli en 1886.

Occulté durant des décennies, le problème racial a été traité par le discours d’État au cours des dernières années, tandis que les groupes antiracistes non gouvernementaux augmentaient, avec parmi les plus actifs, la Confrérie de la Négritude ( Cofradía de la Negritud), la Commission José Antonio Aponte de l’Union des Écrivains et des Artistes de Cuba, le chapitre cubain de l’articulation Régionale Afrodescendante ( Articulación Regional Afrodescendiente – ARAC) et le Réseau de Proximité Afrodescendant (Red Barrial Afrodescendiente RBA).

sources : baoasbl.org, université laval, afrodescendants d’Amérique latine et des caraïbes, wikipedia

Articles complémentaires

Les premiers peuplements des Caraïbes (Antilles)

La musique cubaine, fruit du métissage – L’Afrique – coco Magnanville

Anacaona, reine des Taïnos

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