Cosmologie Haush

Publié le 31 Décembre 2018

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Tenenesk, l’un des derniers « Xo’on » (chamans) de descendance Haush et Selknam, a raconté à l’ethnologue allemand Martin Gusinde, la création, un dogme partagé par les deux cultures de la Terre de Feu :
« …. Au début, rien. Seul Temaukel, le premier des Howenh. Puis, le dôme céleste, le firmament, dépourvu d’étoiles. Des vides immenses pénètrent tranquillement dans le silence. Un crépuscule rasé à la surface de la terre sans forme, secouant les ombres immobiles…… Dans l’obscurité de la nuit, autour du poêle qui a été réduit en cendres inertes pures – le vieil homme lève la main vers le firmament plein d’étoiles et d’une voix tremblante insiste – Alors au-dessus de notre terre, le ciel s’étend : derrière lui vit Temaukel.

Plus tard Temaukel enverra Kenos, qui reste loin derrière les étoiles, y vit et habite éternellement. Le Kenos est responsable de la distribution de la terre et soutient la vie éternelle. Kenos représente le père des ancêtres mythiques et est, à son tour, le créateur du langage et des significations qui donnent sens et unicité au monde.

Le missionnaire salésien Antonio Coiazzi (1914), dans son livre « Les Indiens de l’Archipel Fuégien » (1914) apporte quelques différences :

L’une d’elles est la coutume des femmes de peindre leur corps : « La femme, dont on parle, porte 12 signes transversaux sur les deux bras et dit que lorsqu’une de ses tantes a fait ces blessures profondes, causant une douleur aiguë et une enflure, elle a demandé la raison et on lui a répondu : « Cela doit être fait pour croître. Ils font des plaies avec du verre et les saupoudrent de poussière de charbon, qui, en pénétrant, laisse un signe indélébile ».

Quant au Kenos, lorsqu’il est monté dans le ciel, il a laissé une empreinte profonde sur un rocher sur la plage près de Suceso Bay, un endroit appelé par les Indiens Koschen. Dans deux petites étoiles très proches, appelées Sasuanelk, ils sont la personnification de leurs deux enfants.

D’autre part Anne Chapman, décrit le rite de Peshere, typiquement haush. Elle était dirigée par des chamans qui rivalisaient avec les démonstrations de pouvoir en transe. Cela faisait partie de cette comparaison de marcher sur les braises.

Des femmes, des enfants et des chamans novices ont également participé à la cérémonie, ces derniers espérant absorber une partie de la force surnaturelle émise par les chamans pendant la transe.

A la fin de la cérémonie, les biens étaient distribués, en fait jetés les uns sur les autres ; il s’agissait de cadeaux au sens noble du terme, d’objets donnés sans attente de rétribution d’aucune sorte et sans servir à satisfaire les besoins quotidiens. C’étaient des objets communs : des capes de guanaco, des paniers, etc., traités comme s’il s’agissait de produits de luxe, car lorsqu’ils étaient redistribués d’une manière jubilatoire, ils perdaient toute leur « valeur d’usage » et ils n’étaient même pas collectés le jour suivant.

Autres croyances (selon Antonio Coiazzi) :

« Dans l’Antiquité, quand les Indiens voulaient se déplacer, leurs abris marchaient seuls et s’arrêtaient comme les Haush le voulaient. »

« Ils ont peur de la lune éclipsée et quand elle est rouge, parce que c’est dû au sang des hommes mangés. »

« Parmi eux, le renard joue aussi le rôle de l’animal rusé qui enseigne la malice aux autres. Le renard était autrefois domestique comme le guanaco, le phoque, tous les poissons et les oiseaux, et chantait à l’unisson ekelé, ekelé, ekelé. Mais un jour, ils lui ont mis une très mauvaise odeur sous le nez, et il est devenu sauvage, invitant les autres animaux à faire de même ».

Rite funéraire :

Le cadavre est enveloppé dans des peaux, attaché puis enterré profondément pour que le renard ne puisse pas le déterrer et le manger. Si c’est un homme ou une femme, le visage vers le haut ; si au contraire, c’est un chaman, le visage vers le bas, afin qu’il puisse parler avec les esprits qui vivent sur la terre.

traduction carolita du site Pueblos originarios.com Cosmología

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