Jésuites dans la province d’Uruguay

Publié le 22 Janvier 2019

Au début du XVIIe siècle, une lente colonisation a commencé dans les territoires situés à l’est du fleuve Paraná.
Pour les Européens, cette région, dépourvue de métaux précieux, ne  les intéressait que pour la population indigène relativement nombreuse, afin de l’évangéliser ou de la mettre au service des conquérants.
Le processus d’établissement a été mené par les Espagnols et la Compagnie de Jésus, avec des intérêts différents qui conduiraient à des conflits continus.

Au début, les Jésuites ont essayé de convertir à la fois les paysans indigènes (Guaraníes) et les chasseurs nomades (Charrúas), mais les difficultés qu’ils ont présentées les ont amenés à concentrer leurs efforts sur les premiers.

Au cours de la deuxième décennie du XVIIe siècle, la Compagnie de Jésus a développé ses tâches parmi les Guaranis, dans la région du fleuve Paraná, en amont de la ville de Corrientes.

De là, ils commencèrent leur mission dans la province dite de l’Uruguay, où ils estimèrent qu’il y avait entre cinquante et soixante mille indigènes.

En 1620, ils avaient foulé les territoires occupés par les cultivateurs guaranis. Dans la confluence d’Ibicui et de l’Uruguay, ils ont fondé la réduction stratégique de Yapeyú.

Au milieu du XVIIe siècle, les jésuites s’étaient consolidés, bien qu’ils considéraient les sociétés frontalières comme ennemies, les Portugais à l’est, la société castillane au Paraná, et les nomades indigènes au sud, dont ils avaient abandonné la conversion.

L’attitude envers les Charruas – au sud-ouest – et les guenoas – au sud-est – était différente. Avec les Charrúas, ils étaient extrêmement hostiles, cherchant leur extermination ; avec les guenoas, la tendance était d’établir des liens de coopération.

Missions orientales


Aussi connues comme El Tapé, Les sept villages ou Les Onze Estancias.

Elles se composaient de sept villages fondés par les Jésuites : San Luis Gonzaga, San Nicolás, San Francisco de Borja, San Miguel, San Lorenzo, San Juan Bautista et Santo Ángel, qui ont été transférées au Portugal suite au Traité de Madrid (1750), et qui après la guerre du Brésil (1825-1828) furent intégrées au Brésil, État du Rio Grande do Sul.
Quelques années plus tard, les missionnaires recensaient à peu près –  à une centaine- les familles restées sur le territoire.

Les Charrúas ont résisté à leur présence avec une telle violence que la Compagnie de Jésus a dû recourir au soutien des autorités espagnoles, déclarant la guerre aux « Indiens infidèles » (Guerra Charrúa-Guaraní, 1700 -1715).

Entre 1754 et 1756 se déclencha la « guerre guaranie », produit du traité signé en 1750 entre les couronnes d’Espagne et du Portugal, par lequel quelque 500 000 kilomètres carrés de territoires devaient être livrés aux Lusitaniens, plus les sept villages qui constituaient les missions de l’Est.

Les missions se sont confrontées à l’ensemble des armées péninsulaires, la défaite a signifié l’expulsion des Jésuites en 1758 du Portugal, en 1767 de l’Espagne et la dissolution de l’Ordre par le Pape Clément XIV en 1773.
Les survivants  Charrúa vont maintenant subir les pressions espagnoles et portugaises vers l’intérieur du territoire.

source  Charrúas, guenoas y guaraníes. Diego Bracco. Interacción y destrucción: Indígenas del Río de la Plata. Linardi y Risso. 2.004

traduction carolita du site Pueblos originarios.com

Misiones Jesuitas en la Provincia del Uruguay. Mapa de las gobernaciones de Paraguay y Buenos Aires. José Cardiel (1752).

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