Ethiopie/Kenya : Le peuple Borana

Publié le 20 Janvier 2022

By Rod Waddington from Kergunyah, Australia - Borana Girls, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=94093634
By Rod Waddington from Kergunyah, Australia – Borana Girls, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=94093634

Peuple indigène vivant dans la corne de l’Afrique, qui est l’un des principaux sous-groupes du peuple Oromo.

Ils vivent en Ethiopie et dans l’ancien district de la frontière nord, aujourd’hui le nord du Kenya.

Langue : dialecte de la langue oromo qui est une branche couchitique de la famille des langues afro-asiatiques

Population

Ethiopie : 874.000 personnes (sud de l’Ethiopie, Oromia)

Kenya : 276.236 personnes (nord du Kenya)

Les divisions du peuple Borana sont les sous-groupes Macha, Tulama, Sadacha etc….

Par User:SUM1 — Used in background Map Library data and SRTM relief data from maps-for-free.com. Used international borders from File:Ethiopia adm location map.svg and File:Kenya adm location map.svg by User:NordNordWest. Based design on File:Map_of_the_Niger-Congo_and_Khoisan_languages.svg by User:Alphathon.Language info: Ethnologue (Ethiopia, Kenya), A Grammar of Boraana Oromo (Kenya), CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=60669142

Entre le XIIe et le XVe siècle, le peuple Oromo se différencie en deux grandes confédérations de tribus pastorales, les Borana et les Barentu ainsi que d’autres tribus mineures.

Par David Stanley from Nanaimo, Canada — Borena People, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=96693228

Le gadaa

Les Borana pratiquent le système du gadaa, un système de gouvernance démocratique indigène utilisé aussi par les Oromo en Ethiopie et au Kenya et par les peuples Konso et Gedeo dans le sud de l’Ethiopie. Ce système réglemente les activités politiques, économiques, sociales et religieuses de la communauté. Tous les 8 ans, ils choisissent par consensus 9 dirigeants. La gadaa est garant des valeurs ethniques et morales de la communauté, il permet de renforcer la cohésion sociale des groupes ainsi que les liens communautaires.

Le système est basé sur 5 classes dirigeantes constitué d’un président et de membres responsables ainsi que d’une assemblée. Les hommes succèdent à leur père. Les femmes sont consultées pour les décisions particulières en lien avec la protection de leurs droits.

Les réunions et les cérémonies sont organisées au pied d’un sycomore, un arbre qui est un symbole du système gada.

Les rituels, les lois, sont enseignés par des spécialistes de la tradition orale. Mais ce système va encore plus loin car il regroupe aussi la relation au temps, à l’espace, à la cosmologie, aux règles de conduite. Ce système se réalise aussi bien à la maison qu’à l’école.

Cette tradition est inscrite au patrimoine culturel et immatériel de l’Unesco depuis 2016 sous le titre Le gada, système socio-politique démocratique des Oromo

https://en.wikipedia.org/wiki/File:Boranvileth.jpg

Stratification sociale

Ils ont développé au niveau régional une stratification sociale composée de 4 strates hiérarchiques dont on trouve en haut les nobles, les Borana, en dessous les Gabarro, puis sous ces deux catégories les castes méprisées des artisans et au niveau le plus bas les esclaves.

Mode de vie

La plupart des Borana sont éleveurs de bétail. Les hommes dirigent les villages et sont en charge des troupeaux. Les femmes jouent un rôle vital et sont seules responsables de la construction des maisons, de l’exécution de danses élaborées signalant la naissance de bébés.

Par Tropenmuseum, part of the National Museum of World Cultures, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20359664

Les filles reçoivent une coiffure particulière et portent une couronne sur la tête, rasée jusqu’à leur mariage. Ensuite les cheveux repoussent et le reste est tressé dans des motifs élaborés.

Les Borana vivent dans des huttes faites de peaux et de bois, les lits sont posés sur le sol.

Les femmes âgées sont respectées en tant que gardiennes des traditions tribales.

Par Courtesy United Nations (Ray Witlin) — http://lcweb2.loc.gov/frd/cs/ethiopia/et02_05b.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=650800

Les règles de vie

Les enfants ne doivent pas appeler les personnes âgées par leur prénom.

Les prénoms sont régis par la loi tribale, c’est l’heure à laquelle le bébé est né qui déterminera son  prénom.

Croyances

Il n’y a qu’un seul dieu, Wrak qui envoie les bonnes choses, surtout la pluie. Pour se faire ils doivent offrir des cadeaux au dieu. Les prêtres sont des intermédiaires nommés qalle. Les chefs spirituels sont très vénérés. Les esprits ayana possèdent les personnes et les choses. Il existe des croyances liées aux troupeaux indispensables, des sacrifices et des rituels qui garantissent la fertilité, la santé et l’existence des esprits.

L’islam devient influent dans la société borana les 20 dernières années. Le chamanisme se diffuse peu et le peuple a eu peu de contact avec le christianisme en raison de la vie nomade.

Femmes Borana accompagnant une caravane Par Stevemtalii — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=64403655

Une forme unique de mutualisme entre l’oiseau et l’homme

Par Creator:Adolph Fries — Guérin, Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle, pl. 238, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56739526

Le grand indicateur (indicator indicator) est un oiseau qui consomme des abeilles adultes, du couvain, des vers de cire et de la cire d’abeille c’est le seul oiseau capable de digérer la cire. Il pratique un guidage volontaire des humains vers les nids d’abeilles sauvages pour que ceux-ci les aident à déguster la cire sans se faire piquer. Ce sont plutôt les femelles et les juvéniles qui pratiquent de cette façon-là. Des cris (qu’ils utilisent par ailleurs en cas d’agression) et qui peuvent porter jusqu’à un kilomètre et de grands vols bruyants au-dessus d’un essaim alertent les hommes. Quand l’humain a repéré le nid, il grimpe dans l’arbre, enfume ce dernier et découpe les rayons avec sa machette. Ensuite il dépose des morceaux au sol en offrande pour les oiseaux qui sont ravis. Ce sont les peuples Boranas et Yao qui sont les partenaires du grand indicateur. Grâce à eux ils réduisent de 2 tiers leur temps de recherche des colonies d’abeilles sauvages. Quand les hommes sont à la recherche de ses nids, ils émettent une sorte de cri et de grognement (brrr-hm) perceptible par les oiseaux qui leur indiquent la présence. Les hommes utilisent le son particulier qui leur a été transmis par leurs pères pour aller à la recherche de nids. Un missionnaire portugais avait observé le phénomène en 1588 mais cela avait été qualifié de rumeurs.

Le grand indicateur est un oiseau parasite de couvées, la femelle dépose son œuf dans les nids (enterrés) de guêpiers, de marins-pêcheurs ou d’hirondelle. Selon des chercheurs le partenariat est efficace car 73,3% des recherches guidées par un oiseau mènent à la découverte d’une ruche. Il semblerait que le grand indicateur agisse de même avec le ratel ou blaireau à miel pour trouver des ruches.


Sources : wikipedia, pourlascience.fr, slateafrique.com, atlasofhumanity.com, unesco

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