Le partage du miel en Afrique

Publié le 23 Janvier 2022

GRAND INDICATEUR

Une forme unique de mutualisme entre l’oiseau et l’homme

Par gisela gerson lohman-braun — https://www.flickr.com/photos/giselaglb/12132486064/in/photolist-ju7aqd-jsSJKz-diLC9n-jJ8Uvf-icEWTH-icEVwV-icEQEF-icEit4, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33877845

Le grand indicateur (indicator indicator) est un oiseau qui consomme des abeilles adultes, du couvain, des vers de cire et de la cire d’abeille c’est le seul oiseau capable de digérer la cire. Il pratique un guidage volontaire des humains vers les nids d’abeilles sauvages pour que ceux-ci les aident à déguster la cire sans se faire piquer. Ce sont plutôt les femelles et les juvéniles qui pratiquent de cette façon-là. Des cris (qu’ils utilisent par ailleurs en cas d’agression) et qui peuvent porter jusqu’à un kilomètre et de grands vols bruyants au-dessus d’un essaim alertent les hommes. Quand l’humain a repéré le nid, il grimpe dans l’arbre, enfume ce dernier et découpe les rayons avec sa machette. Ensuite il dépose des morceaux au sol en offrande pour les oiseaux qui sont ravis. Ce sont les peuples Boranas et Yao qui sont les partenaires du grand indicateur. Grâce à eux ils réduisent de 2 tiers leur temps de recherche des colonies d’abeilles sauvages. Quand les hommes sont à la recherche de ses nids, ils émettent une sorte de cri et de grognement (brrr-hm) perceptible par les oiseaux qui leur indiquent la présence. Les hommes utilisent le son particulier qui leur a été transmis par leurs pères pour aller à la recherche de nids. Un missionnaire portugais avait observé le phénomène en 1588 mais cela avait été qualifié de rumeurs.

 Le grand indicateur est un oiseau parasite de couvées, la femelle dépose son œuf dans les nids (enterrés) de guêpiers, de martins-pêcheurs ou d’hirondelle. Selon des chercheurs le partenariat est efficace car 73,3% des recherches guidées par un oiseau mènent à la découverte d’une ruche. Il semblerait que le grand indicateur agisse de même avec le ratel ou blaireau à miel pour trouver des ruches.

Ci-dessous quelques informations sur deux des peuples qui pratiquent le mutualisme avec le grand indicateur :

Peuple Borana

https://en.wikipedia.org/wiki/File:Boranvileth.jpg

Peuple indigène vivant dans la corne de l’Afrique, qui est l’un des principaux sous-groupes du peuple Oromo.

Ils vivent en Ethiopie et dans l’ancien district de la frontière nord, aujourd’hui le nord du Kenya.

Langue : dialecte de la langue oromo qui est une branche couchitique de la famille des langues afro-asiatiques

Population

Ethiopie : 874.000 personnes (sud de l’Ethiopie, Oromia)

Kenya : 276.236 personnes (nord du Kenya)

Les divisions du peuple Borana sont les sous-groupes Macha, Tulama, Sadacha etc…

Le gadaa

Les Borana pratiquent le système du gadaa, un système de gouvernance démocratique indigène utilisé aussi par les Oromo en Ethiopie et au Kenya et par les peuples Konso et Gedeo dans le sud de l’Ethiopie. Ce système réglemente les activités politiques, économiques, sociales et religieuses de la communauté. Tous les 8 ans, ils choisissent par consensus 9 dirigeants. La gadaa est garant des valeurs ethniques et morales de la communauté, il permet de renforcer la cohésion sociale des groupes ainsi que les liens communautaires. ARTICLE du blog

Peuple Yao

rituel d’initiation des jeunes garçons Par Steve Evans from Citizen of the World — Malawi, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5246384

Peuple autochtone d’Afrique de l’est vivant au Mozambique (nord du pays), au Malawi et en Tanzanie (région de Ruvuma et Mtwara). C’est une population bantoue divisée en lignages dirigés par des chefs qui ont des rôles militaires et commerciaux. Ils ont été convertis à l’islam à partir du XIIIe siècle par le biais des contacts avec des commerçants arabes. La filiation est matrilinéaire, et le mari vit dans le village de sa femme. Malgré la conversion à l’islam, la religion reste fondamentalement animiste. Ils élèvent des animaux de basse cour ainsi que quelques chèvres, ils pêchent dans le lac Nyassa. Leur langue bantoue s’appelle le chiyao (= langue yao). Ils comptent plus de 2 millions de membres.

Sources : wikipedia, pourlascience.fr, slateafrique.com

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