Les 900 mille indigènes du Brésil

Publié le 13 Janvier 2018

Le Brésil est le pays avec les peuples indigènes les plus isolés du monde. Quelque 240 tribus sur quelque 900 000 personnes vivent au Brésil, soit 0,4 % de la population brésilienne. La plus petite tribu se compose d’un homme célibataire, qui vit dans sa maison à l’ouest du Brésil.

Le Gouvernement a reconnu 690 territoires pour ses habitants indigènes, couvrant environ 13 % de la superficie du pays. La quasi-totalité de cette réserve territoriale (98,5%) est située en Amazonie. Toutefois, environ la moitié de la population indigène du Brésil vit en dehors de cette zone, de sorte que ces tribus n’occupent que 1,5 % du territoire total réservé aux peuples indigènes du pays.

Installés dans l’Amazonie brésilienne, ces groupes subsistent grâce à la forêt tropicale, mais la plupart d’entre eux sont détruits par l’exploitation forestière, l’élevage agricole, les méga-barrages, les routes ou l’exploration pétrolière.

Ces groupes indigènes n’ont souvent aucun contact pacifique avec quiconque dans la société majoritaire ou dominante. L’ONG Survival International souligne qu’en général, leur décision de ne pas maintenir le contact avec d’autres peuples indigènes ou avec des étrangers est due « aux désastreuses rencontres précédentes et à la destruction continue de la selva ».

Certaines tribus ont une population de plus d’une centaine de personnes et vivent dans des zones reculées limitrophes de l’État d’Acre et dans des territoires protégés comme la vallée de Javari, près de la frontière péruvienne. D’autres sont des groupes dispersés, des survivants d’anciennes tribus fragmentées, à cause de la fièvre du caoutchouc et de l’expansion agricole.

L’histoire des peuples indigènes du Brésil a été marquée par la brutalité, l’esclavage, la violence, la maladie et le génocide, comme en témoigne l’ONG Survival. Lorsque les premiers colons européens sont arrivés en 1500, ce qui est aujourd’hui le Brésil était habité par quelque 11 millions d’Indigènes de 2 000 tribus différentes. Au cours du premier siècle du contact, 90 % ont été anéantis, principalement en raison de maladies transmises par les colonisateurs comme la grippe, la rougeole ou la varicelle. Au cours des siècles suivants, des milliers d’autres sont morts en esclavage dans les plantations de canne à sucre et d’hévéas. Il y a 500 ans, lorsque les Européens sont arrivés au Brésil, les peuples indigènes ont perdu la plupart de leurs terres, victimes d’un génocide massif. Aujourd’hui, le Brésil continue à les réduire avec les plans agressifs de développement et d’industrialisation de l’Amazonie, même les territoires les plus reculés sont aujourd’hui en danger. Plusieurs complexes de barrages hydroélectriques sont construits près de groupes indigènes isolés, la forêt amazonienne a perdu près de 800 000 hectares en 2016, un record depuis 2008.

Selon une étude de l’Université de Cambridge publiée l’année dernière, les initiatives de conservation menées par des groupes indigènes en Amazonie sont plus efficaces que celles du gouvernement.

Des centaines d’indigènes sont descendus dans les rues du Brésil pour manifester lorsque le gouvernement brésilien a ouvert à l’exploitation minière un parc national de la taille du Danemark, appelé la Réserve nationale de cuivre et ses associés (Renca), en septembre dernier, les tribunaux brésiliens ont annoncé que les peuples indigèness devront être consultés avant d’autoriser toute exploitation et que les conclusions devront être débattues au Congrès national. Même avec les petites réalisations, il y a un racisme endémique envers les peuples indigènes au Brésil. Le Brésil est l’un des deux seuls pays d’Amérique du Sud à ne pas reconnaître le droit territorial indigène

Les Indigènes brésiliens luttent contre les invasions illégales, les projets à grande échelle sur leurs terres comme les barrages, les routes, les mines, etc. et rêvent de contrôler leurs territoires. On estime qu’en moyenne une tribu s’est éteinte chaque année au cours du siècle dernier au Brésil, des communautés entières sont en voie d’extinction.

source de l’article  El Salto

traduction carolita d’un article paru dans Desinformémonos le 11 janvier 2018 : 

Los 900 mil indígenas de Brasil

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