Colombie : Le peuple Misak ou Guambiano

Publié le 29 Janvier 2013

Les guambianos

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Peuple autochtone de Colombie qui vit sur le versant ouest de la cordillère centrale dans le département du Cauca, tout autour de la municipalité de Silvia.

Population : 20.782 (2005)

Langue : guambiano, langue barbacoane

Autodésignation : Misak « le peuple de l’eau »

Situation géographique

Ils vivent entre 2000 et 3000 mètres d’altitude sur une zone montagneuse assez froide vars laquelle ils ont été lentement refoulés par les blancs qui ont préféré s’installer dans la vallée du Rio Cauca plus tempérée puis aussi par les noirs.

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Le village de Silvia

Il est le centre de la région guambiano, les indiens vivent dans les collines alentour.

Tous les mardis, ils se rendent au marché de Silvia pour vendre leurs produits et objets locaux : production de maïs, pommes de terre de formes et couleurs différentes, oignons, tomates, bananes.

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Plusieurs groupes correspondent certainement à d’anciennes tribus parlant des dialectes différents se rattachant tous au même ensemble linguistique.

Répartition des groupes dans les années 60

–        Guambiano : sur les deux rives du Rio Piendoamo, entre Silvia et le Pãano de la Delicias et sur le rio Manchay.

–        Totoro : près du Rio Cofre

–        Ambalo : entre les guambiano et les totoro

–        Quisgo : au nord de Silvia

–        Polindara : sur le Rio Palacé au sud des totoro

–        Puracé : sur les pentes du volcan Puracé et le long du Rio Vinagre

Mode de vie

Ce sont principalement des agriculteurs qui cultivent le maïs, les pommes de terre, des oignons et de l’ail et des fruitiers, bananes entre autre.

Ils élèvent un tout petit peu de bétail pour leur famille et chacune possède au moins une vache pour le lait.

Ils élèvent aussi quelques moutons dont la laine sert à confectionner les vêtements.

Artisanat

Les femmes filent la laine et tissent les étoffes qu’elles vont vendre ensuite au marché

Les hommes fabriquent des chapeaux plats en liane tressée, des objets en bois utilitaires.

Ils fabriquent aussi des poteries à usage culinaire, tradition qui s’est perdue aussi, car iles préfèrent acheter leurs ustensiles à la ville.

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Tenue vestimentaire

C’est elle qui fait leur particularité et plait beaucoup aux touristes lorsque les guambianos descendent à Silvia en bus ou chivas pour vendre leur produits, ils ne passent pas inaperçus un peu comme lorsque l’on rencontre des indiens quechuas ou aymaras en Bolivie.

Les femmes

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Elles portent un poncho bleu (ruana), une jupe aux tons noirs ou bleus ourlée de rayure blanche, un chapeau plat ou melon et des bottines. Elles portent dans leur dos leur mochila (sac) et elles ont bien souvent des colliers volumineux de perles blanches aux multiples rangs serrés près du cou.

Les jupes tiennent avec des chumbes des ceintures fabriquées autrefois par les femmes. A présent elles préfèrent les acheter en ville celles qui sont fabriquées spécialement pour elles.

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Sac traditionnel des femmes

Les hommes

Ils portent aussi de longues jupes bleues, des ponchos rayés gris et noir, un chapeau melon trop petit pour leur tête et des bottes ou bottines.

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Habitat

Les maisons sont construites avec des blocs d’adobe et de pierre, avec des fondations en brique, un toit en tuiles ou carreaux de ciment, des fenêtres en bois.

Chaque famille a un petit lopin de terre à cultiver et pour y construire sa maison.

Alimentation

Elle était presque végétarienne dans les traditions, de nos jours ils achètent parfois de la viande au marché.

Leur alimentation est constituée d’une potée à base de maïs et de pommes de terre, d’une ratatouille de courges.

Cette alimentation peut paraître aux yeux des diététiciens défectueuse et déséquilibrée, or, ils semblent qu’ils n’aient pas de carences certainement du fait d’un empli de plantes ou produits indigènes.

Ils ont pris l’habitude qui vient du Pérou de mâcher des feuilles de coca.

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Cosmogonie

Elle est structurée par un système duel : mâle et femelle, chaud et froid, le soleil et la lune.

Le guérisseur guambiano, le murbik est la personne qui connait les plantes médicinales et la guérison, qui prévient les maladies et agit comme un intermédiaire entre les hommes et les esprits, guide les morts vers leur dernière demeure.

Il existe une cérémonie de purification « pishimaruk » pour nettoyer et restaurer l’équilibre social et biologique perdu.

La famille reste la base de la vie sociale et le fonctionnement est organisé autour de la famille nucléaire*.

Ils ont commencé à perdre leurs traditions ancestrales au moment de la colonisation avec l’évangélisation. Malgré tout ils arrivent à amalgamer traditions indigènes et « héritage » des colons.

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Une danse des misak ou guambianos

Les mots savants

Une famille nucléaire est une forme de structure familiale correspondant à une famille regroupant :

  • soit deux parents mariés ou non ainsi que leurs enfants ;
  • ou un couple d’adultes sans enfant ;
  • ou alors un adulte et son ou ses enfants.

Caroleone

Sources : Wikipédia, étude anthropologique des indiens du groupe guambiano-kokonuko de H Lehmann et P. Marquer ( persée), gilanik (une partie des photos)https://www.youtube.com/embed/RyQuzoTQ5Lc?wmode=transparent

Par Yuri Romero Picon (User:Yrp) — File:Guambia Colombia Yuri Romero Picon.JPG, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19165574
Par Yuri Romero Picon (User:Yrp) — File:Guambia Colombia Yuri Romero Picon.JPG, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19165574

Traduction de l’article de l’ONIC

Misak Misak ou Guambiano

Nom

Misak « le peuple de l’eau »

Situation géographique


La majeure partie de sa population vit sur le versant ouest de la Cordillère centrale, à proximité des Páramos de Las Delicias et Pisno et des Cerros de Río Claro et Bujíos, centre-est du département du Cauca, dans les municipalités de Silvia et Piendamo. Les communes de Totoró, Jambaló, Caldono, Inzá et Morales sont moins nombreuses. Ils sont également situés dans les municipalités de La Plata et La Argentina, département de Huila.

Population


Le recensement DANE de 2005 a fait état de 21 085 personnes s’identifiant comme appartenant au peuple guambiano, dont 50,4% sont des hommes (10 620 personnes) et 49,6% des femmes (10 465 personnes). Le peuple Misak est concentré dans le département de Cauca, où vivent 91,3% de la population (19.244 personnes), suivi du département de Valle del Cauca avec 3,5% (728 personnes) et de Huila avec 3,3% (698 personnes). Ces trois départements concentrent 98% de la population de cette ville. Les Misak représentent 1,5 % de la population autochtone de Colombie. La population Misak vivant dans les zones urbaines correspond à 8,7 % (1 840 personnes), ce qui est nettement inférieur à la moyenne nationale de 21,43 % (298 499 personnes) pour la population autochtone urbaine.

Langue

Nam Trik. Elle appartient à la famille linguistique Chibcha. Bien que la plupart parlent actuellement l’espagnol et que le bilinguisme soit un fait répandu, ils sont réticents à perdre leur langue. Il est clair que la population locutrice de nam trik est dispersée dans plusieurs zones adjacentes, d’où la nécessité d’approches différenciées pour aborder la situation sociale de cette langue. Bien que proches, les groupes de Misak ont été affectés par des facteurs sociohistoriques qui ont influencé différemment leurs changements culturels dans chaque établissement. Bien entendu, ces changements concernent la langue, qui a des indices de vitalité différents selon la région où l’établissement a été établi.

Culture et histoire

Histoire  

Sur l’histoire préhispanique des Misak, il n’y a pas de consensus parmi les chercheurs, qui ont formulé des hypothèses divergentes. Parmi les propriétaires terriens et paysans caucans de la région il y a la version que les Misak sont arrivés dans le territoire de l’Equateur et du Pérou comme une population servile ou Yanaconas apportés par les Espagnols. Cette théorie est basée sur les récits du chroniqueur Antonio de Herrera, selon cette source, c’est Sebastián de Belalcázar qui est arrivé dans la région, accompagné par des « Indiens de service ». Cette approche est rejetée par les chercheurs en linguistique qui soutiennent que les Yanaconas parlent quechua, ils ne partagent pas une famille linguistique avec leur langue maternelle.

Une autre hypothèse fait remarquer qu’avant l’arrivée des Espagnols, dans la vallée du Popayán, différents peuples indigènes coexistaient qui formaient une unité politique unie dans la Confédération Guambiano Coconuco qui partageait un territoire, une culture et une langue, avec l’objectif commun de se défendre des autres peuples qui menaçaient leur territoire, le promoteur de cette alliance était connu comme le cacique Pubén. Cette théorie est liée à une autre selon laquelle il existait une société appelée « Puhenses » ou « Pubenenses« , composée d’habitants indigènes des territoires adjacents à la vallée du Popayán, encore appelés Pubén et dont descendaient les Misak. Les groupes indigènes de la vallée du Popayán, y compris les Misak, résistent fortement à la conquête espagnole, qui commence en 1535 sous le commandement de Belalcázar.

À la fin du XVIe siècle, ils avaient déjà été conquis et intégrés à la structure socio-économique coloniale, qui a radicalement transformé leur culture et décimé leurs communautés sur le plan démographique. En 1700, avec la cession des droits de propriété au chef Juan Tama, les resguardos Guambía, Quisgó, Pitayó, Quichaya, Jambaló, Caldono et Pueblo Nuevo furent créés. 

Culture

La cosmogonie guambiano est structurée selon un double système : le masculin et le féminin, le chaud et le froid, le soleil et la lune. Les plantes, les arbres, les caractéristiques géographiques et la « terre mère » renferment des esprits qui peuvent être bénéfiques ou maléfiques. Le guérisseur Murbik, Guambiano est la personne qui connaît les plantes médicinales et curatives, prévient les maladies et agit comme un intermédiaire entre les hommes et les esprits, guidant l’âme des morts vers leur nouvelle demeure. Le guérisseur pratique la cérémonie de purification ou Pishimaruk, qui vise à nettoyer et à rétablir l’équilibre social et biologique perdu. Des plantes considérées comme « chaudes » comme la coca et le maïs sont utilisées dans le rituel. 

Le mythe de l’origine raconté par les anciens nous permet de décrire les ancêtres du peuple Misak comme le peuple de l’eau, puisqu’il affirme que « parfois l’eau n’est pas née dans les lagons pour courir vers la mer mais filtrée dans la terre, qui l’a enlevée, ameublie » et produit des glissements de terrain, qui ont laissé de grandes blessures dans les montagnes, dont les hommes sont sortis, racines des autochtones, nés des eaux traînées et « viennent dans les restes de végétation ». Les glissements de terrain étaient des naissances ou « naissances aquatiques des Pishau, des Guambianos », « des géants sages qui mangeaient du sel d’ici, de nos propres sels, et qui n’étaient pas baptisés. Ils ont occupé tout notre territoire, ils ont construit… cela s’est produit  avant l’arrivée des Espagnols » (Vasco, 1997).

Économie


Dans la culture Misak, la terre et le travail collectif sont étroitement liés. C’est grâce au soin du travail en commun que la terre se réchauffe et se reproduit. La base de l’économie Misak est l’agriculture. Étant un peuple agricole, ses produits varient en fonction de l’altitude ; c’est ainsi qu’ils cultivent le maïs dans les basses terres, tandis que dans les hautes terres ils cultivent des pommes de terre et des oignons. Toutefois, compte tenu de la rareté des terres dont on a souffert ces derniers temps, cette pratique a perdu de sa validité et a été remplacée par l’utilisation d’engrais et d’engrais chimiques pour nourrir les cultures et mettre en œuvre des techniques pour assurer la production. L’élevage, en tant qu’activité complémentaire, a commencé à se développer ces dernières années, en particulier dans les zones où il a été possible d’étendre le territoire et en raison de la pénurie de chasse. Comme stratégie dans l’extension de la frontière agricole, ils colonisent le páramo, où la technique traditionnelle guambiana de creuser des sillons verticaux pour profiter de l’humidité de la zone fonctionne.

traduction carolita du site de l’ONIC

ONIC – Pueblos

Mythe de création des Guambianos

Publié le 15 Avril 2019

Les Guambianos sont un peuple amérindien vivant dans le département du Cauca, en Colombie. Leur principale resguardo se trouve dans la municipalité de Silvia et ils vivent aussi dans d’autres endroits proches, sur le versant ouest de la Cordillère Centrale des Andes colombiennes. Certains ont migré vers le département de Huila afin d’accéder aux terres arables.
Le mythe de la création guambiano qui suit est tiré de la première partie d’une histoire publiée sur le site de l’anthropologue colombien Luis Guillermo Vasco. Il raconte l’histoire suivante :


D’abord, c’était la terre… et ensuite viennent les lagunes, les grandes lagunes. La plus grande d’entre elles était celle de Nupisu, Piendamó, au milieu de la savane, de la lande, comme une matrice, comme un cœur ; c’est Nupirrapu, qui est un trou très profond.
L’eau, c’est la vie. D’abord la terre et l’eau. L’eau n’est ni bonne ni mauvaise. C’est de là que viennent les bonnes et les mauvaises choses. Là, dans les hauteurs, c’était de l’eau. Il pleuvait intensément, avec des pluies diluviennes, des averses, des bourrasques, des tempêtes. Les rivières sont devenues grandes, avec d’immenses glissements de terrain qui ont entraîné les montagnes et apporté des pierres comme des maisons ; il y a eu de grandes crues et des inondations. C’était de la mauvaise eau. A cette époque, ces profondes guaicadas (creux entre deux montagnes) et ces rochers n’étaient pas comme ça, comme on les voit aujourd’hui, tout cela était de la montagne pure, ces rivières les faisaient quand elles coulaient jusqu’à former la mer. L’eau, c’est la vie. Elle naît dans les eaux d’amont et descend dans les rivières jusqu’à la mer. Et elle revient, mais pas par les fleuves eux-mêmes, mais par l’air, par les nuages.

En grimpant par les guaicadas et les crêtes des montagnes, elle atteint le páramo, les savanes, et la pluie tombe à nouveau, l’eau tombe, celle qui est bonne et mauvaise. Là-bas elle arrive, comme la terre et l’eau, elle est lui-elle (Le Pishimisak est l’unité parfaite, la paire parfaite ; il contient dans son être les deux principes, le masculin et le féminin, qui ensemble donnent la multiplication ; mais, en même temps, il est formé de deux caractères : le Pishimisak à proprement dit et le Kallim).
C’est le Pishimisak, masculin et féminin à la fois, qui a toujours existé, tout blanc, tout bon, tout frais. De l’eau naquit le kosrompoto, l’arc-en-ciel qui illuminait tout avec sa lumière ; là il brillait, le Pishimisak le voyait illuminer.

Ils ont porté beaucoup de fruits, ils ont donné beaucoup de vie. L’eau était dans le désert. Au fond les plantes séchaient, les fleurs tombaient, les animaux mouraient. Quand l’eau est descendue, tout a poussé et s’est épanoui, toute l’herbe a poussé et il y avait de la nourriture ici. C’était de la bonne eau.

Avant, dans les savanes du páramo, le Pishimisak prenait tous les repas, toute la nourriture. Tout lui appartenait. Il était déjà là quand les glissements de terrain ont eu lieu qui traînaient des pierres gigantesques qui ont formé les guaicadas. Mais il y a eu d’autres glissements de terrain. Parfois, l’eau ne naissait pas dans les lagunes pour courir vers la mer, mais filtrait dans la terre, la remuait, la détachait et les glissements de terrain arrivaient. Ceux-ci se sont effondrés de plusieurs siècles à l’avance, laissant de grandes blessures dans les montagnes. D’eux sont sortis les humains qui étaient la racine des indigènes. Ils ont appelé l’effondrement pirran uno, c’est-à-dire, faire naître l’eau.

Les humains qui y sont nés , ils les nommèrent les Pishau. Les Pishau sont venus des glissements de terrain, ils sont venus des inondations des rivières. Sous l’eau, ils sont venus ramper et frapper les grosses pierres, au-dessus d’eux, la boue, la terre, puis l’eau sale ; à la surface, la palissade, les branches, les feuilles, les arbres déracinés et, surtout, les enfants, les chumbados, sont arrivés.
Les précédents sont nés de l’eau, viennent dans les shau, vestiges de la végétation qui traînent et croissent. Ce sont des natifs d’ici depuis des siècles et des siècles. Là où l’effondrement s’est produit, dans la grande blessure de la terre, il restait l’odeur du sang ; c’est le sang arrosé par la nature, tout comme une femme arrose de sang en donnant naissance à un enfant.
Les Pishau n’étaient pas d’autres peuples, c’étaient les mêmes Guambianos, des géants très sages qui mangeaient du sel d’ici, de nos propres salés, et qui n’étaient pas baptisés. Ils ont occupé tout notre territoire, ils ont construit tous nos Nupirau avant l’arrivée des Espagnols. Notre terre était grande et très riche. Il y avait des mines de minéraux très précieux, comme l’or qui se trouvait à Chisquío, à San José et à Corrales, des bois fins, des poissons, des animaux des collines et beaucoup d’autres ressources que nous savions utiliser dans notre travail pour bien vivre.

traduction carolita du site mitos latinoamerica

Articles complémentaires

Le chumbe, les fils de l’arc-en-ciel

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