Calarcá, cacique Pijao

Calarcá
Image : Monument dans le parc El Cacique, Calarcá, Quindío, Colombie.

Pijao

? – 1607

Calarcá (Karlacá, également appelé cacique de Kimbana) cacique Pijao, a mené une opposition tenace qui a mis en échec les espagnols. Il s’est battu jusqu’à sa mort, devenant un symbole de résistance et de lutte pour les nouvelles générations.
Historiquement parlant, on sait très peu de choses sur le cacique. Reconnu comme un homme qui s’est battu pour son peuple, il existe deux visions totalement opposées de lui : considéré comme un héros par certains, condamné par d’autres pour sa sauvagerie infâme.

Héros

Décrit comme un homme admirablement bâti, héroïque et tenace, lui et ses guerriers ont combattu les envahisseurs espagnols avec un courage prodigieux.

Dans une action téméraire, il dirige, avec le cacique Coyara, un commando qui atteint les quartiers du gouverneur Diego de Ospina dans le fort de San Lorenzo. Alors qu’ils étaient sur le point de le capturer, Juan Bioho, un esclave noir, a surgi à son secours, donnant au gouverneur l’occasion de prendre son pistolet et de tirer sur Calarcá, qui, blessé, a rampé et est mort cinq jours plus tard.

Le paragraphe ci-dessus est tiré de la chronique de Fray Pedro Simón 1, qui se trouvait au fort à l’époque, qui indique que Calarcá « avait le visage strié de listes de bitume coloré et jaune » et que le jour de sa mort était un mercredi, trente jours après le dimanche de Pâques de 1607.

Diego de Ospina donne une autre version de l’épisode, sachant que Calarcá se préparait à l’attaquer : « … avec seulement trente hommes il quitta ledit fort et avec un pistolet il tua ledit cacique et lui et ses soldats tuèrent beaucoup d’autres Indiens et en prirent d’autres vivants et ceux qui moururent mirent leurs têtes dans la clôture du fort… ».

Certains récits indiquent que sa fille, Guaicamarintia, devint cacique et ordonna qu’il soit enterré parmi les rochers de la montagne avec tous ses trésors.

Sauvage infâme

Les textes produits après la conquête racontent une autre histoire.

Combeima, cacique des Coyaimas et des Natagaimas, allié des Espagnols, converti au christianisme et baptisé Baltasar, épousa une Espagnole avec qui il eut un fils. Pour Calarcá, le fait de mélanger le sang indigène avec celui des envahisseurs était une offense, et il a enlevé l’enfant pour leur rendre ses os trois jours plus tard, après qu’il ait été dévoré.

Baltasar, muni d’une lance longue de trente paumes, qu’il maniait avec une grande habileté, se vengea en assassinant Calarcá.

Il existe une troisième version de sa mort : les documents de la Comisión Corográfica et les témoignages des fondateurs de la ville de Calarcá indiquent une mort naturelle.

En son honneur, la ville de Calarcá, dans le département de Quindío, fondée en 1886 pendant la colonisation d’Antioquia, porte son nom. Entre 1953 et 1966, des pièces de 10 cents ont été frappées en Colombie à son effigie.

Armoiries de la municipalité de Calarcá, Quindío, Colombie. L’effigie du Cacique Calarcá dans la partie centrale.
Armoiries de la municipalité de Calarcá, Quindío, Colombie. L’effigie du Cacique Calarcá dans la partie centrale.
Image : Buste à Neiva, en Colombie.

Diego Martínez de Ospina

Né en 1567 à Remedios, Antioquia. Surnommé le Petit Roi, il était responsable de la Justicia Mayor, gouverneur de Cimitarra, Timaná et Neiva ; capitaine général, gendarme, maire de la cour royale de Santa Fe, chancelier du Nouveau Royaume de Grenade et encomendero de Calamoima. Il a fondé Neiva le 24 mai 1612, où il est mort en 1630.

Notas:

1 Simón, Fray Pedro. Noticias historiales de las conquistas de tierra firme en las indias occidentales. Tomo VI. Bogotá: Banco Popular, 1981. 412

2 Archivo general de la nación. Miscelánea, 73, Folio 190. Certificación de Diego de Ospina Maldonado, sobre servicios prestados al rey por él y por su familia. 1650.

Fuentes:

EL CACIQUE CALARCÁ: ¿EPÓNIMO, HISTORIA O LEYENDA?. Andrés Ospina, 2001

https://kaosenlared.net/calarc-su-leyenda-y-muerte/

traduction caro du site Pueblos originarios.com

José Gabriel Condorcanquí – Tupac Amaru II

Publié le 12 Mars 2019

Inca

1738 – 1781

Fils du curaca (cacique) Miguel Condorcanqui Usquiconsa et descendant maternel de Tupac Amaru (1542 – 1572), le dernier Sapa Inca de la résistance à Vilcabamba.
Il est né à Surimana, vice-royauté du Pérou, le 19 mars 1738. Il a étudié avec les Jésuites du Collège San Francisco de Borja. Il a suivi des cours d’art à l’Université de San Marcos. Il parlait couramment le quechua, le latin et le castillan.

Il a hérité des cacicazgos de Pampamarca, Tungasuca et Surimana et d’une importante quantité de mules qui en ont fait un cacique de bonne position, dédié au transport des marchandises.

Le 25 mai 1760, il épouse Micaela Bastidas Puyucahua, qui deviendra sa principale conseillère et l’encouragera dans sa revendication de reconnaissance de sa lignée royale inca, qu’il suivra pendant des années devant l’audience de Lima sans succès.

Les mentions de l’époque le décrivent comme « un homme d’un peu plus de 1,70 mètre de haut, avec un nez aquilin et des yeux vifs. Avec une silhouette gracieuse et élancée, cheveux coupés sur le front, longs et bouclés jusqu’à la taille, recouverts d’un chapeau espagnol de castor . Des manières courtoises et galantes, où l’équanimité et la retenue révèlent un homme de culture et de traits de caractère supérieurs. Il parle parfaitement l’espagnol et le quechua avec une grâce particulière. Il se conduit avec dignité avec ses supérieurs et avec formalité avec les Indiens ».

Grande rébellion

A la fin du XVIIIe siècle, la dynastie des Bourbons initia une politique de réformes administratives et économiques qui consistait essentiellement, en Amérique, à accroître l’exploitation indigène. Condorcanqui a présenté devant l’Audiencia de Lima une pétition pour alléger les conditions auxquelles les Indiens étaient soumis. Sa revendication n’ayant pas été entendue, il a décidé de prendre des mesures plus radicales et a commencé à préparer ce qui allait être l’insurrection la plus extraordinaire d’Amérique du Sud. Il se proclame inca, prend le nom de Tupac Amaru et reçoit l’appui de secteurs très divers, des créoles et des indigènes au clergé. Pendant six mois, des milliers d’hommes de chaque camp se sont battus et sont morts dans des affrontements d’une violence inhabituelle.

Les impôts élevés et les nouvelles répartitions réalisés à l’arrivée d’Agustín de Jáuregui (13° vice-roi du Pérou, 1780-1784), ont fini par déclencher la rébellion. Le 4 novembre 1780, Tupac Amaru II, avec son autorité de chef de trois villages, ordonna l’arrestation d’Antonio de Arriaga, corregidor de Tinta. Il l’a forcé à signer une lettre aux autorités dans laquelle il demandait de l’argent et des armes – ce qui futt satisfait – et après un procès sommaire, il a été exécuté sur la place de Tungasuca le 10 novembre.

Le 13 novembre, il passa en revue l’œuvre de Pomacanchi libérant les Indiens asservis. Le 18 novembre 1780, la bataille de Sangarará a eu lieu, où les rebelles ont vaincu l’armée espagnole dirigée par Tiburcio Landa. Ignorant son épouse et conseillère principale Micaela Bastidas, alors qu’il avait Cuzco à sa merci, il préféra se retirer à son siège de Tungasuca pour tenter de faciliter une négociation de paix, et se consacrer à diffuser ses proclamations : autonomie autochtone, suppression de la mita, suppression des travaux, annulation de la distribution des corregidores, abolition des impôts et libération des esclaves qui s’étaient engagés dans la révolte.

Tandis que les Espagnols, poussés par la terreur qui s’étendait de Cuzco à Buenos Aires, réorganisaient la résistance. Les vice-rois de Lima et de Buenos Aires, Agustín de Jáuregui et Juan José de Vértiz respectivement, ont uni leurs forces. Le visitador général José Antonio Areche fut envoyé à Cuzco, avec le commandement absolu du Trésor et de la Guerre et une armée de 17.000 hommes.

La Junta de Guerra del Cuzco (l’Assemblée de Guerre du Cuzco) adopta quelques mesures qui incluaient les demandes de Tupac : abolition définitive des repartimientos des corregidores, pardon général pour tous ceux qui avaient participé à l’insurrection, à l’exception des meneurs et remise des dettes contractées par les Indiens avec leurs corregidores.

Ces mesures, complétées par une campagne terroriste, ont conduit de nombreux Indiens à quitter l’armée rebelle ou à rejoindre les rangs réalistes. D’abord, les tentatives de Tupac pour s’emparer de Cuzco en décembre et janvier échouèrent, et à la fin de février 1781, les Espagnols avaient déjà un avantage.

Dans les environs de Tinta, à la bataille de Checacupe, le 6 avril 1781, les rebelles sont écrasés, selon une partie de l’armée réaliste : «  plus d’un millier ont été poignardés et le reste complètement vaincu. » Tupac Amaru II se réfugie à Langui, mais il est trahi par son lieutenant et compadre Francisco de Santa Cruz et il est fait prisonnier. Sa femme et sa famille ont été emprisonnées dans son évasion.

La flamme allumée par Tupac a continué à brûler en Amérique du Sud :

  • Au Pérou, deux parents de Condorcanqui, Diego Cristóbal – demi-frère – et Andrés -neveu- poursuivent les hostilités jusqu’en mars 1782.
  • En Bolivie, il y eut un soulèvement mené par Tupac Katari qui assiégea la ville de La Paz à deux reprises en 1781, jusqu’à sa capture et son exécution en novembre de la même année.
  • Dans le Chaco, les Tobas de la réduction jésuite de San Ignacio de Ledesma, menés par le métis José Quiroga, mettent un frein à l’arrivée des Espagnols fin mai 1781 pour tenter d’attaquer Jujuy ; rapidement l’armée espagnole, sur les rives du fleuve Bermejo, dans une violente bataille écrase la rébellion.
  • Dans la vice-royauté de la Nouvelle Grenade – dans ce qui est aujourd’hui le département de Santander, Colombie – en 1781, il y eut un soulèvement armé connu sous le nom d’Insurrection des Comuneros, qui eut les mêmes proclamations que Tupac Amaru II. L’épisode se terminera par la signature d’un accord connu sous le nom de Les capitulations de Zipaquirá qui s’approchait des pétitions indigènes, mais quelques mois plus tard les autorités espagnoles ordonnèrent la nullité des Capitulations et la capture et l’exécution des dirigeants de l’insurrection. Le mouvement a échoué, mais il a eu une importance énorme dans le destin futur de l’Amérique coloniale. C’était l’étape précédente vers l’émancipation et la formation de nouvelles nationalités, qui, ironiquement, se poursuivrait avec l’assujettissement et l’exclusion des autochtones.

Jugement et exécution


Une fois Tupac Amaru capturé, sa famille et ses partisans sont enchaînés et emmenés à Cuzco. Il a été emprisonné dans le couvent de la Compagnie de Jésus, où il a été brutalement torturé sans obtenir aucune information de sa part.

Le 15 mai, il a été condamné à mort.

Le 18 mai 1781, lors d’une manifestation publique sur la Plaza de Armas à Cuzco, Tupac Amaru II fut contraint d’assister à la torture et au meurtre de sa famille : son oncle, ses deux aînés et finalement sa femme. Puis suivra l’exécution du leader, un témoin raconte : Comme mesure d’intimidation, le vice-roi ordonna la distribution de ses pièces dans les villes qui soutenaient la rébellion.

Après l’exécution, un décret du visiteur général Areche, interdit l’usage de la langue quechua, les vêtements indigènes et la mention ou la commémoration de la culture inca et son histoire.

source  Los Mitos de la historia argentina. Felipe Pigna. Grupo Editorial Norma. 2.004.

traduction carolita du site Pueblos originarios.com José Gabriel Condorcanqui. Tupac Amaru II.

Cosmovision Navajo – Estsan Naste (Femme araignée)

Publié le 10 Mars 2019

Aussi appelée Na ashje’ii’Asdzáá. « Femme araignée » vit sous terre. Sa figure et sa performance sont controversées dans les différents mythes Navajo.
Certains parlent d’elle comme d’une déesse serviable qui aide ceux qui sont dans le besoin. Quand elle apparaît devant les humains, ou d’autres dieux, elle les emmène dans sa tanière, où elle change de forme et devient une femme âgée.

C’est elle qui a conseillé les jumeaux Nayanazgeni et Tobadzistsini lorsqu’ils se rendaient chez leur père, le dieu soleil Tsohanoai. Il les avertit qu’ils passeraient par quatre endroits dangereux : les rochers qui écrasent le voyageur, les roseaux tranchants qui coupent en morceaux, les cactus qui déchirent avec leurs pointes, et les sables mouvants qui avalent. Elle leur a ensuite donné deux plumes : l’une pour dominer les ennemis et l’autre pour sauver des vies.

Elle a appris aux femmes à tisser, pour qu’elles laissent un trou – comme dans la toile d’araignée – au centre des tissus en se souvenant d’elle, et pour que les filles deviennent des tisseuses infatigables, elles frottent leurs bras avec des toiles d’araignée.

Dans d’autres légendes, elle est la mère du redoutable géant Yeitso – son père : Tsohanoai, du Dieu Soleil – chef des Anaye – les dieux du mal – et des propres enfants de Yeitso, également des géants monstrueux. Dans cette version, il était dit qu’elle pouvait voler et manger des enfants qui se comportaient mal.

Femme araignée
Peinture de l’indigène Theresa Gaskin

traduction carolita du site Pueblos originarios.com Estsan Naste (Mujer araña)

Journal des peuples originaires au 23 janvier 2022

Publié le 23 Janvier 2022

Marée noire au Pérou : concours de circonstances ou alliance de négligences, de je-m’en-foutisme et d’irresponsabilités ?

ABYA YALA

Violence et territoires assiégés en 2021 : une année difficile pour les peuples autochtones d’Amérique latine

Une série journalistique expose les luttes des peuples indigènes menacés

Peuples : shipibo kobibo, kakataibo, ashaninka, yaqui, bora, sikuani, mapuche, kichwa, pijao, nasa, u’wa, punta querandi, waranka, yampara, mapuche, diaguita, 

AFRIQUE

Le partage du miel en Afrique

peuples : borana, yao,

AOTEROA (Nouvelle-Zélande)

Des oiseaux et des peuples : Les Maoris 1ère partie ( de amokura a kuruwhengu)

Des oiseaux et des peuples : Les Maoris – 2e partie (de Matata à Whio)

peuple : maori, 

ARGENTINE

Tigre : la communauté indigène Punta Querandí réalisera le  » Ñemomgarai « , cérémonie de bénédiction des fruits mûrs

Les communautés mapuche de Neuquén ont organisé leur cérémonie traditionnelle au pied du Lanín

Lancement d’une campagne « en défense de l’eau pour la vie »

La justice chilienne a accordé la liberté conditionnelle à Facundo Jones Huala

L’agrobusiness et la souveraineté alimentaire peuvent-ils coexister ?

Peuples : punta querandi, mapuche, 

BRESIL

L’heure de la vérité climatique a sonné

Tocantins : inondations record

CANADA/ARABIE

Transcestral : la rencontre des musiques autochtones et soufies

Peuples; déné, innu, inuit, métis, ojibwé, nakota,  

CHILI

Déclaration publique : Le ministère prépare et annonce de nouvelles incursions policières et militaires à Temucuicui

Peuples : mapuche, 

COLOMBIE

Décès de Breiner David Cucuñame López et la guerre dans le nord du Cauca

Le peuple Pijao lutte pour la récupération de son territoire

Peuples: nasa, pijao, 

ETATS UNIS

Winnemucca, Nevada : Des personnes âgées menacées dans le camp de résistance de la communauté

Peuples : shoshone, 

ETHIOPIE/KENYA

Le peuple Borana

GUATEMALA

Guatemala : un système alimentaire maya unique combine des techniques agricoles

Peuples : ch’orti, 

GUYANE/FRANCE

Zoo humain : une association rend hommage aux Kali’nas exhibés au XIXème siècle en France

Peuples : kali’na, 

MEXIQUE

Enlèvement de villageois zapotèques de San Juan Lajarcia

Grâce à des ateliers, les enfants et les jeunes Mixe s’initient aux arts visuels à San Juan Guichicovi

Déclaration de la réunion nationale des luttes contre les gazoducs et les projets de mort

Enlèvement de villageois zapotèques de San Juan Lajarcia

Un « climat d’impunité » dénoncé dans la violence contre les communautés au Chiapas

Tzam trece semillas

Indépendance (Minerva García Niño de Rivera)

Sans chaînes

Indépendance (Beatriz Crúz López)

Laga

Indépendance

Indépendance (Mayra Cristina Ramírez Sánchez)

Indépendance vis-à-vis de l’État

Peuples : zapotèque, mixe, mixtèque, chatino, otomis, nahua, yaquis, huastèque, maya, tzotziles, tzeltales, 

PEROU

Catastrophe écologique : les responsabilités que d’autres dissimulent

Punchana : les victimes de la décharge se battent pour des services de base

Marées noires : une réalité quotidienne pour les populations amazoniennes

La première femme Apu élue dans la communauté autochtone de Bagua

Appel à une assemblée publique sur la marée noire de Repsol

Le Mincul va promouvoir la gouvernance territoriale des peuples autochtones

Loreto : nouvelle fuite de pétrole dans l’oléoduc de Norperuano

Bon rétablissement, Jorge Agurto !

Marée noire de Ventanilla : la raffinerie fait l’objet d’une enquête sur la tragédie environnementale

peuples : kukama, quichua, kichwa, achuar, awajun, kakataibo, peuples isolés, afropéruviens, 

Articles de Mongabay latam non traduits en dehors de cette présentation

En brésilien

Une étude révèle que près de 17 millions d’animaux sont morts dans les incendies de 2020 dans le Pantanal

par Mongabay.com le 17 janvier 2022 | Traduit par Eloise de Vylder

  • Les scientifiques sont parvenus à cette estimation en menant des enquêtes d’échantillonnage à distance, en parcourant des sections du Pantanal peu après les incendies et en comptant le nombre de vertébrés morts qu’ils trouvaient.
  • Les chercheurs pensent toutefois que ce nombre est sous-estimé, car les animaux peuvent être morts sous terre ou plus tard à la suite de brûlures.
  • Les incendies de 2020 ont dévasté 4,5 millions d’hectares du Pantanal, ce qui correspond à environ 30 % de l’ensemble du biomeSOURCE

Suzano affirme que ses plantations d’eucalyptus sont durables ; les écologistes ne sont pas d’accord.

par Sue Branford le 19 janvier 2022 | Traduit par Eloise de Vylder

  • Suzano, le plus grand exportateur de pâte à papier au monde, promeut un nouvel agenda durable ; ses plantations, désormais cultivées en association avec des forêts indigènes, pourraient contribuer à enrayer la crise climatique mondiale, selon la société.
  • Certains groupes de protection de la nature sont d’accord et travaillent en partenariat avec la société pour s’assurer qu’elle devienne plus durable.
  • D’autres écologistes, en revanche, affirment que l’expansion de la monoculture de l’eucalyptus cause des dommages environnementaux considérables au Brésil ; selon eux, le piégeage du carbone par les plantations est minime, les usines de pâte à papier sont très polluantes et les forêts d’eucalyptus ne présentent pas la même biodiversité que les forêts tropicales.
  • En outre, les critiques affirment que l’expansion des plantations d’eucalyptus entraîne l’usurpation de terres naturelles et l’expulsion des communautés traditionnelles et indigènes – qui ont beaucoup plus à offrir dans la lutte contre le changement climatique et les efforts pour protéger les forêts intactes. SOURCE

En castillan

Un déversement de 6000 barils de pétrole dans la mer contamine la faune, les plages et les zones protégées au Pérou

par Yvette Sierra Praeli le 19 janvier 2022

  • Le déversement s’est produit le 15 janvier, lorsqu’un bateau a déchargé du combustible dans la raffinerie de La Pampilla de l’entreprise Repsol.
  • L’Agence d’évaluation et de contrôle de l’environnement a déjà infligé des amendes à la société à trois reprises. SOURCE

Les gardiens de la forêt qui alimente en eau la ville de Xalapa, au Mexique.

par Flavia Morales le 19 janvier 2022

  • Chaque nuit, le garde communautaire de l’Ejido Agua de Los Pescados effectue des patrouilles pour empêcher l’exploitation de l’une des dernières forêts du parc national de Cofre de Perote, à Veracruz.
  • La communauté protège la forêt et les sources qui alimentent en eau la ville de Xalapa. C’est pourquoi, depuis 2007, ils reçoivent un paiement pour les services environnementaux.
  • Pour les habitants de l’ejido, la gestion durable de la forêt a été une alternative économique dans une région où la culture de la pomme de terre prédomineSOURCE

Équateur : jugements en faveur des défenseurs du parc Yasuní et de la forêt de Los Cedros

par Antonio José Paz Cardona le 18 janvier 2022

  • Alors que les écologistes s’inquiètent des projets d’expansion de l’exploration minière et pétrolière dans le pays, la Cour constitutionnelle s’est prononcée en décembre en faveur de l’environnement dans deux affaires qui étaient en instance devant la haute cour depuis plus d’un an.
  • La Cour a jugé que la procédure régulière a été violée dans la dernière décision reçue par le collectif Yasunidos, qui a engagé une action pour des irrégularités présumées dans l’examen des signatures en faveur d’un référendum contre l’exploration pétrolière dans le parc Yasuní. L’organisation a également affirmé que, dans le cas de la forêt protectrice de Los Cedros, il y avait une violation des droits de la nature et des droits à un environnement sain, à l’eau et à la consultation environnementaleSOURCE

L’État péruvien annonce une action civile contre Repsol pour la marée noire et demandera une indemnisation pour les dommages causés.

par Vanessa Romo le 22 janvier 2022

  • Le procureur général du ministère de l’Environnement, Julio César Guzmán, a déclaré à Mongabay Latam que depuis décembre 2019, ils sont habilités à le faire, car auparavant, cela ne concernait que les gouvernements régionaux et locaux, les communautés indigènes et paysannes, et les organisations à but non lucratif.
  • En raison de la capacité technique et logistique requise pour monter une affaire d’une telle ampleur, dit le Médiateur, les actions civiles n’ont pas été poursuivies et les réparations n’ont jamais eu lieu.
  • Bien que des travaux soient actuellement en cours pour rassembler des preuves et monter le dossier, M. Guzmán a déclaré que le montant de l’indemnisation pourrait être de l’ordre de 60 millions de soles. Mais il insiste sur le fait qu’ils doivent finir d’évaluer tous les dommages causés pour établir le chiffre finalSOURCE

« Aucune région côtière du Pérou ne dispose d’un centre de sauvetage » : Carlos Calvo | Interview

par Yvette Sierra Praeli le 21 janvier 2022

  • Après la marée noire sur la côte centrale du Pérou, de nombreuses personnes sont venues secourir et soigner les animaux qui ont survécu.
  • Dans cette interview, le docteur vétérinaire Carlos Calvo explique ce qu’il faut faire dans ces cas-làSOURCE

Le partage du miel en Afrique

Publié le 23 Janvier 2022

GRAND INDICATEUR

Une forme unique de mutualisme entre l’oiseau et l’homme

Par gisela gerson lohman-braun — https://www.flickr.com/photos/giselaglb/12132486064/in/photolist-ju7aqd-jsSJKz-diLC9n-jJ8Uvf-icEWTH-icEVwV-icEQEF-icEit4, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33877845

Le grand indicateur (indicator indicator) est un oiseau qui consomme des abeilles adultes, du couvain, des vers de cire et de la cire d’abeille c’est le seul oiseau capable de digérer la cire. Il pratique un guidage volontaire des humains vers les nids d’abeilles sauvages pour que ceux-ci les aident à déguster la cire sans se faire piquer. Ce sont plutôt les femelles et les juvéniles qui pratiquent de cette façon-là. Des cris (qu’ils utilisent par ailleurs en cas d’agression) et qui peuvent porter jusqu’à un kilomètre et de grands vols bruyants au-dessus d’un essaim alertent les hommes. Quand l’humain a repéré le nid, il grimpe dans l’arbre, enfume ce dernier et découpe les rayons avec sa machette. Ensuite il dépose des morceaux au sol en offrande pour les oiseaux qui sont ravis. Ce sont les peuples Boranas et Yao qui sont les partenaires du grand indicateur. Grâce à eux ils réduisent de 2 tiers leur temps de recherche des colonies d’abeilles sauvages. Quand les hommes sont à la recherche de ses nids, ils émettent une sorte de cri et de grognement (brrr-hm) perceptible par les oiseaux qui leur indiquent la présence. Les hommes utilisent le son particulier qui leur a été transmis par leurs pères pour aller à la recherche de nids. Un missionnaire portugais avait observé le phénomène en 1588 mais cela avait été qualifié de rumeurs.

 Le grand indicateur est un oiseau parasite de couvées, la femelle dépose son œuf dans les nids (enterrés) de guêpiers, de martins-pêcheurs ou d’hirondelle. Selon des chercheurs le partenariat est efficace car 73,3% des recherches guidées par un oiseau mènent à la découverte d’une ruche. Il semblerait que le grand indicateur agisse de même avec le ratel ou blaireau à miel pour trouver des ruches.

Ci-dessous quelques informations sur deux des peuples qui pratiquent le mutualisme avec le grand indicateur :

Peuple Borana

https://en.wikipedia.org/wiki/File:Boranvileth.jpg

Peuple indigène vivant dans la corne de l’Afrique, qui est l’un des principaux sous-groupes du peuple Oromo.

Ils vivent en Ethiopie et dans l’ancien district de la frontière nord, aujourd’hui le nord du Kenya.

Langue : dialecte de la langue oromo qui est une branche couchitique de la famille des langues afro-asiatiques

Population

Ethiopie : 874.000 personnes (sud de l’Ethiopie, Oromia)

Kenya : 276.236 personnes (nord du Kenya)

Les divisions du peuple Borana sont les sous-groupes Macha, Tulama, Sadacha etc…

Le gadaa

Les Borana pratiquent le système du gadaa, un système de gouvernance démocratique indigène utilisé aussi par les Oromo en Ethiopie et au Kenya et par les peuples Konso et Gedeo dans le sud de l’Ethiopie. Ce système réglemente les activités politiques, économiques, sociales et religieuses de la communauté. Tous les 8 ans, ils choisissent par consensus 9 dirigeants. La gadaa est garant des valeurs ethniques et morales de la communauté, il permet de renforcer la cohésion sociale des groupes ainsi que les liens communautaires. ARTICLE du blog

Peuple Yao

rituel d’initiation des jeunes garçons Par Steve Evans from Citizen of the World — Malawi, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5246384

Peuple autochtone d’Afrique de l’est vivant au Mozambique (nord du pays), au Malawi et en Tanzanie (région de Ruvuma et Mtwara). C’est une population bantoue divisée en lignages dirigés par des chefs qui ont des rôles militaires et commerciaux. Ils ont été convertis à l’islam à partir du XIIIe siècle par le biais des contacts avec des commerçants arabes. La filiation est matrilinéaire, et le mari vit dans le village de sa femme. Malgré la conversion à l’islam, la religion reste fondamentalement animiste. Ils élèvent des animaux de basse cour ainsi que quelques chèvres, ils pêchent dans le lac Nyassa. Leur langue bantoue s’appelle le chiyao (= langue yao). Ils comptent plus de 2 millions de membres.

Sources : wikipedia, pourlascience.fr, slateafrique.com

Micaela Bastidas Puyucahua

Publié le 17 Mars 2021

Par Auteur inconnu — Sesquicentenario de la Independencia del Perú 1821-1971, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27284707

Zamba

1744 – 1781


« Pour la liberté de mon peuple, j’ai renoncé à tout. Je ne verrai pas mes enfants s’épanouir ».

Elle est née le 23 juin 1744 à Tamburco, Abancay, vice-royauté du Pérou. Fille de Manuel Bastidas (afro-descendant) et de Josefa Puyucahua (indigène  andine), en raison de ses racines, elle était connue sous le nom de « Zamba ».

Bien que ce ne soit pas une chose courante pour les femmes de l’époque, Micaela a appris à lire et à écrire.

Tupac Amaru II (José Gabriel Condorcanqui), alors qu’elle avait environ vingt ans, a commencé à la courtiser et a aidé sa famille à déménager à Surimana. Dans cette ville, ils commencent à apparaître comme des Espagnols, ce qui leur offre la possibilité de bénéficier de certains droits et privilèges.

José Gabriel avait hérité des cacicazgos de Pampamarca, Tungasuca et Surimana, et en tant que descendant par voie maternelle de Tupac Amaru (1542 – 1572), le dernier Inca Sapa de la résistance à Vilcabamba, il lui correspondait le rang d’empereur Inca.

Le 25 mai 1760, un mois avant son 16e anniversaire, Micaela épouse José Gabriel dans l’église de Nuestra Señora de la Purificación dans la ville de Surimana. Ils auront trois enfants : Hipólito, Mariano et Fernando.

Statue dans la ville d’Abancay, dans la région d’Apurimac (Pérou).

En plus d’aider son mari dans le gouvernement des cacicazgos, Micaela était l’administratrice de l’entreprise familiale.

La rébellion a éclaté à Tinta le 4 novembre 1780. Micaela se distingue en encourageant les troupes, en s’occupant de l’arrière-garde et en approvisionnant l’armée. Des jours difficiles s’annoncent pour l’héroïne, loin de son mari, elle s’occupe de la ferme, de ses enfants et aussi du soutien de l’arrière-garde indigène. C’était une femme exceptionnelle, elle avait un caractère fort, elle était déterminée, critique et entreprenante, fidèle compagne, conseillère et confidente du leader du mouvement révolutionnaire. Sa participation était essentielle pour gagner des partisans dans le soulèvement contre les conquérants espagnols.

Pendant que son mari effectuait sa marche triomphale à Puno, les opérations militaires à Cusco étaient à la charge de Micaela, qui engageait des voisins, des caciques et des ecclésiastiques notables, réalisant un grand travail de prosélytisme, organisant des milices et toutes sortes d’efforts pour isoler Cusco et couper les communications royalistes dans la capitale de la vice-royauté.

Le 18 novembre 1780, Tupac Amaru II, à la tête d’une grande armée, a vaincu une armée de 1 200 Espagnols dans la bataille de Sangarará. Le couple est excommunié de l’église, accusé de profanation, ayant détruit l’église du village.

Micaela comprend que c’est le moment d’avancer sur Cusco avant que les espagnols ne renforcent les défenses et que les rebelles ne se dispersent. Elle le fait savoir à José Gabriel, qui préfère se retirer dans son quartier général à Tungasuca pour tenter de faciliter une négociation de paix. Comme Micaela l’avait prévu, les vice-rois de Lima et de Buenos Aires unissent leurs forces et rassemblent une grande armée pour défendre Cusco. Finalement, l’insurrection populaire, en proie à une direction vacillante, est vaincue.

Tupac Amaru II se réfugie à Langui, mais il est trahi par son lieutenant et compadre Francisco de Santa Cruz et est fait prisonnier. Micaela et sa famille ont été capturés dans leur fuite.

Ils ont été condamnés à mort. Le 18 mai 1781, sur la place de Cusco, après lui avoir fait assister à la mort d’un de ses fils et d’autres membres de sa famille et avant l’exécution de José Gabriel, la sentence est exécutée. Selon le visiteur Jose Antonio de Areche, la même devait être accompagné « de quelques qualités et circonstances qui causent la terreur et l’effroi au public ; de sorte qu’en vue du spectacle, les autres soient contenus, et que cela serve d’exemple et de châtiment ».

Avant de la tuer, on lui coupa la langue, « et on lui fit un garrote, dans lequel  elle souffrit infiniment ; car son cou était très mince, et la corde ne pouvait l’étouffer, et il fallut que les bourreaux (…) lui donnassent des coups de pied dans le ventre et les seins, pour achever de la tuer ». Puis ils lui ont coupé la tête, qui a été exposée pendant plusieurs jours sur la colline de Piccho. Ses deux bras ont été coupés, l’un a été envoyé à Tungasuca et l’autre à Arequipa. Une jambe a été envoyée à Carabaya, et le reste du corps a été brûlé.

La sentence contre les rebelles ordonnait l’élimination de leurs noms de famille et de leur présence jusqu’à la quatrième génération. Ils ont brûlé ses biens, assassiné ses proches, banni ses enfants survivants et rasé sa maison jusqu’à ne laisser aucune trace de son existence. Cependant, cette héroïne, exemple d’amour et de dévouement à la terre où elle est née, a réussi à vivre pour toujours, son acte reste dans la conscience de millions de péruviens.

Lettres de Micaela Bastidas à Tupac Amaru II

« Mica » et « Chepe » étaient les diminutifs affectueux utilisés par tous les deux dans l’échange épistolaire qu’ils ont eu pendant la Grande Rébellion. Le ton des lettres de Micaela, dont nous ne savons pas si elles ont été écrites de sa propre main ou dictées à un scribe de confiance, est toujours celui d’une guerrière sur le pied de guerre. Les mêmes la soulagent en tant qu’informatrice, organisatrice de l’armée, conseillère et stratège.

Après le triomphe contre les Espagnols lors de la bataille de Sangarará (18 novembre 1780), Micaela demande à son mari de partir pour Cusco :

« Mon Chepe, tu perds ton temps ; jusqu’à quand vas-tu me remplir de chagrins ; pourquoi te trompes-tu, ou pourquoi ne marches-tu pas sur Cusco (…) Je t’ai donné assez d’avertissements pour que tu ailles immédiatement à Cusco, mais jusqu’à présent tu les as tous donnés à bon marché, en leur donnant le temps de se prévenir, comme ils l’ont fait en mettant des canons sur la colline de Picchio et d’autres ruses si dangereuses que tu n’es plus sujet à leur donner de l’avance. »

traduction carolita du site Pueblos originarios.com Micaela Bastidas Puyucahua

Cosmovision Navajo – Dichin ( Dieu de la faim)

Publié le 12 Mars 2019

Également écrit comme « Dichin hastiin », « Ditsi’n », ou « Dechín ». Dieu qui personnifie la faim.
Il est l’un des quatre Anayes – dieux malveillants – qui ont été autorisés à continuer à vivre à leurs côtés : Hakaz Estsan – Froid -, Tgaei – Pauvreté – et Sahn – Vieillesse.

Il vivait sur « Tł’oh adaasgaii » – « Tache blanche sur l’herbe »-.

Paradoxalement, il est dépeint comme un homme qui a consommé tant de nourriture qu’elle est devenue rare. Selon d’autres sources, son alimentation se composait exclusivement de petits cactus bruns.

Il a été reconnu comme un mal nécessaire ; sans la faim comme stimulus, les gens ne s’efforceraient pas d’obtenir des ressources.

UNE IMAGE

Peuple Navajo Diné

traduction carolita du site Pueblos originarios.com Dichin (Dios del Hambre)

Cosmovision Navajo – Coyote

Publié le 9 Mars 2019

Aussi connu sous le nom d’Etsáy-hashkéh ou Mah-ih. Selon certains récits, il est né de l’union de Yadilyil, dieu du Ciel et de Naestan, déesse de la Terre.
C’est un être complexe, puissant et contradictoire, un personnage sombre, qui peut être drôle ou redoutable. Il est en grande partie responsable de la survie des gens, mais on ne peut pas lui faire confiance.

Il s’associe à la création – avec ses danses il fait pousser le maïs – et aux maladies.

Le tissu spirituel de la philosophie navaja et sa vie quotidienne résultent d’un équilibre naturel entre l’ordre et le chaos, c’est pourquoi Coyote entre dans leur histoire. Il vit avec un pied dans le monde des dieux et un autre dans le monde des humains. Ses conseils et intrigues, apportent avec la même fréquence, désastre et prospérité aux Navajo.

Dans la culture populaire, beaucoup voient le coyote comme un mauvais présage ; s’ils le voient traversant une route, ils rebroussent chemin et ne continuent pas le voyage.

La création de la Voie lactée (Eékai-estáhi).

Hastsezini (Dieu du Feu ou Dieu Noir), plaçait soigneusement les étoiles qu’il sortait de son sac dans le ciel, quand le Coyote arriva, il offrit son aide, le dieu rejeta l’offre,  il arracha le sac et dispersa son contenu dans le ciel créant la Voie Lactée.

Ceci explique pourquoi seules les étoiles fixées par Hastsezini ont un nom, et celles dispersées au hasard par Coyote n’en ont pas.

Au bout d’un moment, alors qu’il vérifiait le sac, il vit qu’il restait un dernier cristal brillant. « Ce sera mon étoile », et cette fois, il l’a soigneusement placée dans le ciel austral.

Certains l’appellent « Moins d’un mois« , elle est visible seulement quelques jours dans l’année, mais la plupart sont connues sous le nom de Etoile Coyote , symbole de la maladie.

Le mythe nous dit que la vie est ordonnée et prévisible comme le Dieu noir l’a voulu, mais aussi chaotique, imprévisible et désordonnée comme le Coyote.

Coyote
La peinture de sable représente un coyote avec un fragment de l’arc-en-ciel. Artiste : Lester Johnson.

traduction carolita du site Pueblos originarios.com Coyote. Dios Navajo

Cosmovision Inca : K’uychi (arc-en-ciel)

Le frère dominicain Martín de Murúa (espagnol, 1525 – 1618) a écrit dans « Historia general del Piru » (1616) : « L’arc en ciel, qu’ils appelaient cuychi, était toujours quelque chose d’horrible et d’effrayant, et ils craignaient pour ce qui leur semblait la plupart du temps mourir ou leur arriver quelque malheur. Ils le vénéraient et n’osaient pas lever les yeux dessus. S’ils le regardaient, ils n’osaient pas la montrer du doigt, croyant qu’ils mourraient ou qu’il entrerait dans leur estomac, et ils prenaient de la terre et s’en enduisaient le visage et la partie et l’endroit où ils pensaient que le pied de l’arche était tombé ; ils pensaient que c’était quelque chose à craindre, et qu’il y avait là quelque huaca ou autre chose digne de révérence. D’autres disaient que l’arche sortait d’une source ou d’une fontaine et que si elle traversait un Indien, il mourrait ou des catastrophes et des maladies s’abattraient sur lui ».

Pour sa part, l’Inca Garcilaso, en décrivant le Temple de l’Arc-en-ciel, à Coricancha : « … une autre chambre, la quatrième, était dédiée à l’arc en ciel, parce qu’ils croyaient qu’il venait du Soleil, et les Rois Incas l’avaient pris comme devise et armoiries, parce qu’ils se vantaient de descendre du Soleil. Cette chambre était toute ornée d’or. Sur une de ses toiles, sur les plaques d’or, ils avaient peint l’arc en ciel, si grand qu’il s’étendait d’un mur à l’autre avec toutes ses couleurs vives. Ils appellent l’arc cuychu et, l’ayant en cette vénération, quand ils le voyaient en l’air, ils fermaient la bouche et mettaient les mains devant, parce qu’ils disaient que s’ils découvraient leurs dents, cela les épuiserait et les appauvrirait ».

Templo Arco Iris
Temple de l’arc-en-ciel
Coricancha.
En arrière-plan, le temple Arc-en-ciel.

Pour les termes « cuychi » et « cuychu » exprimés par les auteurs pour désigner l’arc-en-ciel, il convient d’utiliser selon les règles actuelles de la langue quechua : « k’uychi ».

Dans l’astronomie inca, l’arc-en-ciel revêt un caractère mystique et extraordinaire, en raison de sa nature différente, éthérée, illusoire et pourtant visible.

La décomposition de la lumière solaire dans l’atmosphère humide, après une pluie, produit ce phénomène optique et météorologique de réfraction, cette connexion cosmique connue des Incas a fait de K’uychi une divinité.

K’uychi émerge des « pukyus » (sources d’eau) et est lié à la saison des pluies (novembre à avril). Dans la cosmologie inca, il est associé au serpent, notamment à Amaru, le mythique et gigantesque ophidien à deux têtes. On dit que ses deux têtes sont immergées dans les « pukyus » et que son corps arqué devient coloré, dominant l’horizon et occupant de grandes surfaces du ciel.

source d’origine http://qoyllur.blogspot.com

traduction caro du site Pueblos originarios.com

Ethiopie/Kenya : Le peuple Borana

Publié le 20 Janvier 2022

By Rod Waddington from Kergunyah, Australia - Borana Girls, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=94093634
By Rod Waddington from Kergunyah, Australia – Borana Girls, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=94093634

Peuple indigène vivant dans la corne de l’Afrique, qui est l’un des principaux sous-groupes du peuple Oromo.

Ils vivent en Ethiopie et dans l’ancien district de la frontière nord, aujourd’hui le nord du Kenya.

Langue : dialecte de la langue oromo qui est une branche couchitique de la famille des langues afro-asiatiques

Population

Ethiopie : 874.000 personnes (sud de l’Ethiopie, Oromia)

Kenya : 276.236 personnes (nord du Kenya)

Les divisions du peuple Borana sont les sous-groupes Macha, Tulama, Sadacha etc….

Par User:SUM1 — Used in background Map Library data and SRTM relief data from maps-for-free.com. Used international borders from File:Ethiopia adm location map.svg and File:Kenya adm location map.svg by User:NordNordWest. Based design on File:Map_of_the_Niger-Congo_and_Khoisan_languages.svg by User:Alphathon.Language info: Ethnologue (Ethiopia, Kenya), A Grammar of Boraana Oromo (Kenya), CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=60669142

Entre le XIIe et le XVe siècle, le peuple Oromo se différencie en deux grandes confédérations de tribus pastorales, les Borana et les Barentu ainsi que d’autres tribus mineures.

Par David Stanley from Nanaimo, Canada — Borena People, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=96693228

Le gadaa

Les Borana pratiquent le système du gadaa, un système de gouvernance démocratique indigène utilisé aussi par les Oromo en Ethiopie et au Kenya et par les peuples Konso et Gedeo dans le sud de l’Ethiopie. Ce système réglemente les activités politiques, économiques, sociales et religieuses de la communauté. Tous les 8 ans, ils choisissent par consensus 9 dirigeants. La gadaa est garant des valeurs ethniques et morales de la communauté, il permet de renforcer la cohésion sociale des groupes ainsi que les liens communautaires.

Le système est basé sur 5 classes dirigeantes constitué d’un président et de membres responsables ainsi que d’une assemblée. Les hommes succèdent à leur père. Les femmes sont consultées pour les décisions particulières en lien avec la protection de leurs droits.

Les réunions et les cérémonies sont organisées au pied d’un sycomore, un arbre qui est un symbole du système gada.

Les rituels, les lois, sont enseignés par des spécialistes de la tradition orale. Mais ce système va encore plus loin car il regroupe aussi la relation au temps, à l’espace, à la cosmologie, aux règles de conduite. Ce système se réalise aussi bien à la maison qu’à l’école.

Cette tradition est inscrite au patrimoine culturel et immatériel de l’Unesco depuis 2016 sous le titre Le gada, système socio-politique démocratique des Oromo

https://en.wikipedia.org/wiki/File:Boranvileth.jpg

Stratification sociale

Ils ont développé au niveau régional une stratification sociale composée de 4 strates hiérarchiques dont on trouve en haut les nobles, les Borana, en dessous les Gabarro, puis sous ces deux catégories les castes méprisées des artisans et au niveau le plus bas les esclaves.

Mode de vie

La plupart des Borana sont éleveurs de bétail. Les hommes dirigent les villages et sont en charge des troupeaux. Les femmes jouent un rôle vital et sont seules responsables de la construction des maisons, de l’exécution de danses élaborées signalant la naissance de bébés.

Par Tropenmuseum, part of the National Museum of World Cultures, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20359664

Les filles reçoivent une coiffure particulière et portent une couronne sur la tête, rasée jusqu’à leur mariage. Ensuite les cheveux repoussent et le reste est tressé dans des motifs élaborés.

Les Borana vivent dans des huttes faites de peaux et de bois, les lits sont posés sur le sol.

Les femmes âgées sont respectées en tant que gardiennes des traditions tribales.

Par Courtesy United Nations (Ray Witlin) — http://lcweb2.loc.gov/frd/cs/ethiopia/et02_05b.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=650800

Les règles de vie

Les enfants ne doivent pas appeler les personnes âgées par leur prénom.

Les prénoms sont régis par la loi tribale, c’est l’heure à laquelle le bébé est né qui déterminera son  prénom.

Croyances

Il n’y a qu’un seul dieu, Wrak qui envoie les bonnes choses, surtout la pluie. Pour se faire ils doivent offrir des cadeaux au dieu. Les prêtres sont des intermédiaires nommés qalle. Les chefs spirituels sont très vénérés. Les esprits ayana possèdent les personnes et les choses. Il existe des croyances liées aux troupeaux indispensables, des sacrifices et des rituels qui garantissent la fertilité, la santé et l’existence des esprits.

L’islam devient influent dans la société borana les 20 dernières années. Le chamanisme se diffuse peu et le peuple a eu peu de contact avec le christianisme en raison de la vie nomade.

Femmes Borana accompagnant une caravane Par Stevemtalii — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=64403655

Une forme unique de mutualisme entre l’oiseau et l’homme

Par Creator:Adolph Fries — Guérin, Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle, pl. 238, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56739526

Le grand indicateur (indicator indicator) est un oiseau qui consomme des abeilles adultes, du couvain, des vers de cire et de la cire d’abeille c’est le seul oiseau capable de digérer la cire. Il pratique un guidage volontaire des humains vers les nids d’abeilles sauvages pour que ceux-ci les aident à déguster la cire sans se faire piquer. Ce sont plutôt les femelles et les juvéniles qui pratiquent de cette façon-là. Des cris (qu’ils utilisent par ailleurs en cas d’agression) et qui peuvent porter jusqu’à un kilomètre et de grands vols bruyants au-dessus d’un essaim alertent les hommes. Quand l’humain a repéré le nid, il grimpe dans l’arbre, enfume ce dernier et découpe les rayons avec sa machette. Ensuite il dépose des morceaux au sol en offrande pour les oiseaux qui sont ravis. Ce sont les peuples Boranas et Yao qui sont les partenaires du grand indicateur. Grâce à eux ils réduisent de 2 tiers leur temps de recherche des colonies d’abeilles sauvages. Quand les hommes sont à la recherche de ses nids, ils émettent une sorte de cri et de grognement (brrr-hm) perceptible par les oiseaux qui leur indiquent la présence. Les hommes utilisent le son particulier qui leur a été transmis par leurs pères pour aller à la recherche de nids. Un missionnaire portugais avait observé le phénomène en 1588 mais cela avait été qualifié de rumeurs.

Le grand indicateur est un oiseau parasite de couvées, la femelle dépose son œuf dans les nids (enterrés) de guêpiers, de marins-pêcheurs ou d’hirondelle. Selon des chercheurs le partenariat est efficace car 73,3% des recherches guidées par un oiseau mènent à la découverte d’une ruche. Il semblerait que le grand indicateur agisse de même avec le ratel ou blaireau à miel pour trouver des ruches.


Sources : wikipedia, pourlascience.fr, slateafrique.com, atlasofhumanity.com, unesco