Venezuela/Brésil/Guyana : Le peuple Pemón

Publié le 30 Juin 2018

De Patricia Simmons – https://www.flickr.com/photos/patriciasimmons/4268035062/in/photostream/, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11476314

Peuple autochtone sud-américain habitant la région sud-est de l’état de Bolívar au Venezuela à la frontière avec le Guyana et le Brésil.

Ils vivent dans la Gran Sabana et le parc national Canaima.

Le peuple Pemٔón est le plus grand de cette région, il est divisé en 3 groupes, les Arekunas, les Taurepang et les Kamarakotos.

Taurepang : frontière entre le Venezuela et le Brésil

Arekuna : nord-ouest de Roraima et vallée de Kavanayén

Kamarakoto : ouest des rivière  Kanuay, vallée de Kamarata

Au Venezuela

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Population :

27.157 personnes (2001)

Etat de Bolívar, territoire d’Essequibo

Langue : pemón de la famille des langues carib. Il y a plusieurs dialectes mutuellement intelligibles.

Le dialecte taurepán est le dialecte du sud, le dialecte arecuna est le dialecte du nord et du centre, il représente 45%, le dialecte kamarakoto est le dialecte de Karamata et d’Urimán dans la zone nord-ouest.

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Au Brésil

Population : 792 personnes

Ils portent le nom de Taurepang ou de Jarecuna.

Ils vivent sur les terres indigènes de São Marcos et Raposa Serra do Sol, partagées avec d’autres peuples indigènes. Ils sont voisins des peuples Macuxi et Akawaio (Ingariko) de langue karib et du peuple Wapixana de langue arawak.

Les Jarecuna doivent vendre leur force de travail dans des fermes ce qui a permis à ces dernières de s’implanter dans la région hélas.

Dans les premières décennies du XXe siècle, ils ont été harcelé par l’expansion de l’élevage du bétail dans le Roraima, par la présence non indigène allant en s’intensifiant et par la construction de la route BR-174 dans les années 1970, route qui coupa l’IT San Marcos.

Les villages occupent les rives des cours d’eau secondaires. Ils se déplaçaient souvent et avaient une grande connaissance du territoire.

L’organisation sociale est basée sur la parenté bilatérale, la règle de mariage préférentiel est le cousinage croisé (fils des frères de sexe opposé) et la terminologie de la parenté est de type dravidien. La stabilité politique du groupe local dépend du type de relation qui lie le beau père à ses gendres.

Terres indigènes

  • T.I Raposa Serra do Sol – 1.747.464 hectares, 23.119 personnes, réserve homologuée. Villes : Normandia, Pacaraima, Uiramutã. 5 peuples y vivent : Ingarikó (langue karib), Macuxi (langue karib), Patamona (langue karib), Taurepang (langue karib), Wapichana (lange arawak).
  • T.I São Marcos – 654.110 hectares, 5838 personnes, réserve homologuée. Villes : Boa Vista, Pacaraima. 3 peuples y vivent : Macuxi (langue karib), Taurepang (langue karib) et Wapichana (langue arawak).

Religion pentecôtiste

Les Taurepang se disent fidèles à la religion adventiste du 7e jour. La vie rituelle des villages est marquée par les activités de l’église. Il y a le service du sabbat une soirée en semaine, les dimanches soirs,  les mercredis et les vendredis avec un sermon fait par l’un des membres adultes des villages. La religion adventiste a émergé à la fin du XIXe siècle. Cette religion résume une série de prophéties de l’interprétation des livres bibliques de Daniel, l’apocalypse et de l’apôtre de l’évangile de Jean, l’établissement d’un calendrier prophétique d’évènements planifiés tels que le retour de JC, la fin du monde et la montée des hommes « bons » au paradis.

L’adoption de l’adventisme par les Taurepang ne peut être comprise comme une simple imposition mais une fois interprétée comme une doctrine qui aurait trouvé son intelligibilité dans le code Taurepang.

Le prophétisme se présente non comme une réponse à une solution adverse issue du contact mais comme une solution à un dilemme interne à la société, à savoir l’impossibilité de trouver une « bonne place, un upatá parmi les divers champs du plan terrestre.

L’upatá céleste est un lieu préparé.

Le jechikrai (version taurepang de JC) est chargé de cette tâche, l’upatá est la notion centrale par laquelle les peuples karib de la région du Roraima ont incorporé les enseignements des missionnaires en les attribuant à la forme de mouvements prophétiques.

Au Guyana

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Peuple Arekuna sur la rivière Kamarang

Leur présence au Guyana est récente, ils seraient arrivés en suivant un missionnaire adventiste du 7e jour au début du XXe siècle.

Histoire et mode de vie traditionnel

Les premiers contacts avec le peuple Pemón ont lieu au 18e siècle et les tentatives de christianisation démarrent très vite.

Leur société est basée sur le commerce, c’est une société considérée comme égalitaire et centralisée.

Il s’agit d’un peuple paisible et travailleur qui s’implique de nos jours dans le tourisme qui est important dans cette région magnifique : ils gèrent des auberges, sont guides pour les expéditions dans la région.

Au Venezuela des projets ont été financés avec des pétrodollars pour développer des projets communautaires et l’écotourisme.

Sur leur territoire est située Salto Angel la plus grande cascade au monde.

La communauté la plus importante est Kavanayén, situés aux limites du parc national Canaima dans la commune de Gran Sabana. C’est une ville aux monuments coloniaux inspirés par les missionnaires et composés du grès local.

Mode de vie

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Leurs maisons sont circulaires ou rectangulaires avec un toit de chaume et des murs en adobe.

Ils pratiquent l’agriculture sur brûlis et cultivent le manioc amer et doux qui est à la base de leur alimentation. Les cultures sont aussi celles des ignames, des patates douces, du maïs, du riz et des bananes.

Le manioc leur fournit de la farine, de l’amidon et de quoi fabriquer le kachiri une boisson forte en alcool, qui est consommée à des occasions précises.

la casabe De Luisovalles – Trabajo propio, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12160802

La cassave est à la base de leur alimentation, c’est une galette de manioc doux ou amer.

Ils récoltent des fruits et des plantes sauvages, chassent et pêchent.

L’artisanat traditionnel est varié, céramique, tissage et vannerie.

Le mariage est monogame et la polygamie est possible. Le mari fait partie de la communauté de sa femme et après le mariage il doit se mettre quelque temps au service de ses beaux parents.

Le cacique est le chef de la communauté mais il a peu de pouvoir.

Le chaman s’appelle piache ou piasán.

Il y a des rites de puberté pour les filles et pour les garçons dont le rite des fourmis qui est destiné à les préparer à leur vie d’adulte.

Les morts sont enterrés dans leur hamac, les hommes avec leur arc et leurs flèches, les femmes avec des marmites et des ustensiles domestiques.

Parfois le village est abandonné à cause d’une mort jugée suspecte.

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Mythologie

Le mythologie des Pemón est très riche. Elle a été étudiée en premier lieu par Theodor Koch-Grünberg qui a visité le Roraima en 1912.

Les mythes de l’origine de la lune et du soleil qui créent les tépuis par exemple.

Ou les activités du créateur Makunaima et de ses frères.

Dans leur mythologie les montagnes sont interdites aux vivants car elles abritent les esprits des ancêtres, les mawari.

Sources : wikipedia, povos indigenas do brasil

ci-dessous une traduction sur le retour de la pierre sacrée des Pemón :

http://cocomagnanville.over-blog.com/2018/05/venezuela-le-peuple-pemon-recuperera-s

Peuple Taurepang – Histoire

Publié le 4 Septembre 2020

Ceux qui ont laissé des traces écrites tout au long du XIXe siècle ont utilisé les ethnonymes Arekuna ou Jarekuna, pour désigner les Taurepang. Ce groupe indigène, dispersé dans diverses nations, occupait une région divisée par différents intérêts coloniaux : du rio Amajari dans le bassin du Rio Blanco – qui faisait alors partie de l’Empire brésilien – au mont Roraima (où convergent les frontières entre le Brésil, le Venezuela et la Guyane anglaise, tandis que les eaux des bassins de l’Amazone, de l’Orénoque et de l’Essequibo sont divisées) ; de même, en passant par la chaîne de montagnes Pacairama, les Taurepang occupaient une partie de la savane vénézuélienne.

Compte tenu de leur situation éminemment frontalière, l’histoire du contact des Taurepang a été marquée jusqu’à ce jour, par l’avancée de différents fronts d’expansion. Une première phase de contact avec les peuples indigènes du bassin du Rio Blanco a commencé à la fin du XVIIIe siècle avec l’établissement de colonies indigènes dans la région par le gouvernement colonial portugais. Cette entreprise a été rapidement menée à bien (1790), en raison de l’émergence d’une révolte parmi la population indigène établie dans ces colonies.

En 1787, alors que l’échec des colonies était déjà évident, et comme stratégie alternative pour la colonisation, le gouverneur de la capitainerie de São José Del Río Negro introduisit les premières têtes de bétail dans la région. Du point de vue des portugais, les champs du haut Rio Blanco présentaient des caractéristiques particulièrement favorables pour l’élevage et la reproduction du bétail, puisqu’ils étaient composés de pâturages naturels. La Ferme du Roi a alors été créée, et deux autres fermes ont été installées par la suite (la date d’installation est imprécise car elles étaient initialement privées puis passées aux mains de l’État).

À partir des années 1840, le conflit frontalier avec la Guyane anglaise a attiré l’attention de l’État brésilien sur la région de Rio Blanco, et tout particulièrement sur la question des domaines nationaux, qui ont été mentionnés dans le paragraphe précédent. Précisément, les limites de l’une de ces haciendas, connue sous le nom de « Domaine national de São Marcos », coïncident avec les limites de l’actuelle Terre indigène de São Marcos (TI), dont la superficie (en plus de l’extension des deux autres haciendas) atteint la quasi-totalité des champs du haut Rio Blanco. Il ne s’agissait pas de terres restituées, mais plutôt de grands domaines appartenant à l’Union (lorsque nous parlons de l’« Union », nous faisons référence à l’union des États fédéraux qui composent la République fédérative du Brésil présidentialiste), qui présentaient un intérêt considérable, étant donné qu’ils étaient situés sur une frontière contestée.

Ce n’est que dans les années 1880 que des colons civils se sont établis dans la région. Dès lors, avec le début de la consolidation de l’élevage du bétail et avec les sécheresses du Nord-Est brésilien, des vagues migratoires de colons ont commencé à arriver dans la région. Dans la courte période de 1877-1885, le nombre de bovins dans la région a triplé (atteignant vingt mille – 20 000 têtes) et, au détriment des fermes nationales, les fermes privées sur le rio Uraricoera et sur la rive droite du rio Blanco se sont multipliées. Finalement, le régime d’élevage extensif adopté dans la région (dans lequel le bétail était laissé en liberté parce que les haciendas n’avaient pas de clôtures, facilitant ainsi le vol du bétail appartenant à l’État) s’est prêté à la formation d’innombrables fermes privées (Koch-Grunberg, 1924).

Ainsi, les Jarecuna (ou Taurepang), ainsi que leurs voisins Macuxi et Wapixana, ont été extrêmement touchés par l’avancée des éleveurs de bétail , devant offrir leur main-d’œuvre pour le travail des haciendas. Le travail indigène est devenu fondamental pour la consolidation de l’occupation du bétail dans la région, car en plus de travailler comme cow-boys dans les fermes, ce sont eux qui ramaient dans les grands cargos qui reliaient les champs du haut Rio Blanco à Manaos (Farage et Santilli, 1992). C’est sur cette toile de fond désolée qu’a eu lieu la première avancée migratoire des Indiens du Río Blanco vers les pays voisins. Cette avancée s’est intensifiée avec les grandes vagues qui ont commencé à apparaître depuis 1930.

Le Service de Protection des Indiens (SPI) et le domaine de São Marcos

Le SPI était l’entité indigène officielle qui a travaillé au Brésil entre 1910 et 1967. Dans la région de São Marcos, cette entité a vu le jour en 1912, lorsqu’un fonctionnaire a été chargé de travailler dans la zone située entre les rivières Maú, Tacutu, Surumu et Cotingo (Zany, 1914a). Dans ses archives, le fonctionnaire déclare que la principale demande des Indiens avant la création récente de l' »Inspection du Rio Blanco » concernait la délimitation de leurs terres, qui étaient déjà extrêmement envahies – principalement dans la région du rio Amajari -, de sorte que le SPI a commencé à concentrer son travail dans cette zone.

L’administration de la ferme de São Marcos était une responsabilité qui a été transférée du ministère de l’agriculture à la surintendance de la défense du caoutchouc. En 1915, avec la cessation des activités de l’entité que nous venons de mentionner, le SPI était responsable de tous les soins pour l’entretien de la Ferme Nationale. Dans les limites de l’hacienda était incluse une partie du territoire Taurepang (entre les cours supérieurs des rios Surumu et Amajari), plusieurs communautés Macuxi (situées dans le cours moyen du rio Surumu) et également une bonne partie du territoire Wapixana (dans la région où les rios Tacutu et Uaricoera se rencontrent). Ainsi, seules de petites parcelles de terre ont été ajoutées à l’hacienda, qui faisait partie de trois (3) énormes territoires indigènes qui dépassaient largement les frontières nationales.

Avec l’installation d’un poste indigène au siège de l’hacienda, l’action du SPI a été beaucoup plus efficace. En outre, sous la nouvelle administration, l’Hacienda Nacional a obtenu de nombreuses améliorations et son cheptel s’est considérablement accru. Parmi les actions menées par le SPI à la ferme de São Marcos au cours de la période 1915-1930, on peut citer les suivantes 1) efforts pour la mesure et la délimitation de la ferme (1920) ; 2) soins de santé (lutte contre l’épidémie de fièvre bilieuse – 1920) ; 3) installation d’une école d’agriculture indigène (en 1920, elle comptait 31 élèves) ; 4) création de l’école indigène Teófilo Leal (1924) ; 5) plusieurs réformes des installations de la ferme et augmentation du troupeau (1924) ; 6) tentative de réactiver la ligne de navigation régulière entre São Marcos et Manaus (1928).

En ce sens, il était également de la responsabilité de l’inspecteur du SPI d’intervenir directement dans la gestion du régime spécifique d’occupation des terres des Taurepang, Wapixana et Macuxi, qui étaient les occupants traditionnels des terres de São Marcos. En outre, l’un des principes de base qui ont guidé la configuration et le travail du SPI était de former et de discipliner la main-d’œuvre indigène afin qu’elle soit transformée en « travailleurs nationaux » utiles pour garder les longues zones frontalières.

Cependant, à partir de 1930, on a constaté des signes de déclin dans les services offerts par le SPI. Au début de la décennie, des rapports ont réapparu concernant des vols et des détournements de bétail de la ferme de São Marcos. Dans les années 1940, on a reçu les premières nouvelles d’une nouvelle activité économique qui commençait à se développer dans la campagne de São Marcos : la contrebande de marchandises vers la frontière avec le Venezuela, où le gouvernement de ce pays investissait alors dans la construction de la ville de Santa Elena.

Au cours de la décennie suivante, le troupeau a continué à décliner et la ferme était en déclin. Selon le chef de l’inspection du service de Manaus, « avec le vol de milliers de bovins dans l’hacienda, qui est en train d’être pillée, de nombreuses fermes privées se forment. Ainsi, cet important patrimoine national a été pillé et dilapidé sous les yeux des impuissants et, sans doute, avec la complicité des autorités » (Lage, 1956). Il est vrai que jusqu’en 1967 – lorsque le SPI cessera de fonctionner – la situation décrite ci-dessus ne changera pas, car il est possible qu’elle se soit encore détériorée.

C’est pourquoi le service de protection indien (SPI) n’a pas réussi à empêcher l’usurpation des terres de São Marcos. Ainsi, l’histoire des contacts avec les groupes indigènes qui y sont établis est beaucoup plus marquée par l’élevage avancé de bétail que par le rêve apathique de la création des colonies agricoles indigènes. Le recrutement de main-d’œuvre indigène dans les haciendas, ainsi que l’établissement de relations oppressives par les éleveurs de bétail, sont devenus le ton « normal » et continu de l’histoire indigène locale. En fait, à ce jour, il existe plusieurs épisodes du passé racontés par les Indiens vivant à São Marcos, qui relatent les expulsions de communautés entières qui ont été provoquées par ces propriétaires terriens qui, à ce moment-là, ont formé leurs possessions avec les terres où les Indiens vivaient.

La Fondation nationale indienne (Funai) et la route BR-174

En 1969, la première mesure administrative de la Funai a été de transformer la ferme en « Colônia Indígena Agropecuária de São Marcos« . Malgré l’introduction du mot « colonie », l’hacienda de São Marcos était exclusivement utilisée par les groupes indigènes qui y vivaient. Cependant, à cette époque, un nouveau type d’invasion commençait à avoir lieu : c’était l’époque de la construction des routes en Amazonie et la BR-174, qui reliait Manaus à Boa Vista et Boa Vista à la frontière vénézuélienne, entrait déjà dans la zone de l’hacienda en traversant le rio Parimé. Ce sont alors soixante-six kilomètres (66 km) au total qui ont ouvert la route au milieu de la zone indigène, en ne traversant que la partie nord, là où les champs se terminent et la jungle commence, là où les terres sont beaucoup plus fertiles et où se concentrent les Taurepang.

À la fin de 1980, le Conseil national de sécurité a exercé une forte influence sur la politique indigène officielle par le biais du projet de « Canal du Nord ». On espérait alors transformer les terres habitées par les indigènes – soi-disant acculturés – en colonies, et promouvoir ainsi la colonisation des frontières nord du pays.  Dans ce contexte, São Marcos s’est avéré être le principal candidat pour devenir une colonie de ce type, car en plus d’avoir ce mot dans son nom (rappelons qu’à l’époque, l’hacienda s’appelait « Colonia Indígena Agropecuaria de São Marcos »), elle était située à un endroit stratégique pour la population, car non seulement les habitants de Pacaraima grandissaient dans ses limites à la fin de la BR-174 à la frontière avec le Venezuela, mais de nouveaux occupants arrivaient également pour s’installer sur les bords de cette autoroute à la hauteur de São Marcos.

En outre, São Marcos, sous le nom de Colonie agricole indigène, a connu les situations problématiques suivantes dans les années 1970 : 1) en 1975, elle a subi l’expropriation d’une parcelle d’environ mille hectares (1000 ha) de terre, pour la création d’un bataillon par l’armée ; 2) en 1976, elle a fait l’objet d’une démarcation physique réduite ; 3) en 1979, le premier soulèvement systématique des occupants non indigènes de São Marcos a eu lieu (processus n° 1). No. 434/90 et 2504/79), et les conflits avec les nouveaux envahisseurs qui ont commencé à arriver après l’ouverture de la route se sont multipliés et intensifiés.

En 1979, le nombre total d’invasions enregistrées était de quatre-vingt-onze (91), et en 1995, il était passé à cent six (106). Comme on peut le constater, il y a eu deux types d’invasions différentes dans les terres de São Marcos : l’une qui a commencé à la fin du XIXe siècle et qui a pris forme dans les décennies suivantes avec les nouveaux élevages de bétail qui ont été installés sur les rios Parimé et Surumu ; et l’autre qui a commencée dans les années 1970 avec l’ouverture de la BR-174, qui a attiré une nouvelle vague d’occupants qui sont venus s’installer sur les bords de cette route. C’est-à-dire que le premier type d’occupation, en plus de l’élevage et de la navigation fluviale, s’est développé dans la partie centrale et méridionale de la zone, tandis que le second type d’occupation s’est développé dans la partie nord de São Marcos, en plus de l’agriculture et de la terre. Mais dans les deux cas, ils ont utilisé le soutien ferme des autorités publiques de l’État – dans le premier cas de l’État d’Amazonas et dans le second cas de l’ancien territoire fédéral de Roraima (processus Funai n° 2504/79).

Entre 1995 et 1996, le gouvernement du Roraima a promu Pacaraima dans la catégorie des municipalités, après avoir augmenté ses infrastructures et attiré de nouvelles familles grâce à la distribution de lots urbains. Pendant cette période, le gouverneur de Roraima, Ottomar de Souza Pinto, a insisté pour légitimer la permanence des envahisseurs, proposant l’accord fallacieux d’autoriser la permanence des occupants d’un côté de l’autoroute, et de l’autre celle des communautés indigènes. Cet accord a été accepté et se poursuit à ce jour.

La centrale hydroélectrique de Guri et l’assainissement des terres indigènes

Dans ce contexte, des pourparlers ont été engagés avec Eletronorte (centrales électriques du nord du Brésil), pour la mise en place des lignes de transmission électrique de Guri. En avril 1997, le gouvernement fédéral a autorisé cette entreprise à mettre en place une ligne de transport d’électricité reliant Boa Vista au complexe hydroélectrique de Guri au Venezuela.

Lors du lancement des études pour l’élaboration du projet de base des lignes de transmission d’énergie, Eletronorte a confirmé que ces travaux auraient un impact sur les terres indigènes de São Marcos et Punta de la Sierra. Pour cette raison, la société a proposé d’établir le tracé des lignes sur l’axe de l’autoroute BR 174, afin d’avoir moins d’impact sur ce type de communautés.

De même, parallèlement à la demande de permis environnementaux pour les travaux, Eletronorte, par l’intermédiaire de sa zone de conseil autochtone, a préparé les procédures permettant d’entamer le processus de consultation et de négociation préalable avec les communautés autochtones. Ces négociations ont commencé en 1997, et en très peu de temps la proposition de compensation aux domaines et à l’assainissement des terres indigènes (pour éliminer tous les envahisseurs et occupants des territoires indigènes établis), en échange de l’autorisation de la mise en place de la ligne de transmission d’énergie qui relierait Boa Vista au complexe hydroélectrique de Guri au Venezuela.

Bien que les indigènes soient conscients des conséquences complexes qu’entraînerait la construction d’une ligne de transport d’électricité si près de leurs communautés, le pragmatisme dont ils ont fait preuve en acceptant un tel accord était essentiellement dû à la situation dans laquelle se trouvait le territoire de São Marcos : la croissance démographique des communautés et l’arrivée permanente de familles d’autres zones indigènes dans la région étaient considérées comme des facteurs pouvant entraîner des problèmes beaucoup plus graves par rapport à l’espace, au cas où le nettoyage ne serait pas effectué. Le problème était d’autant plus grave que la principale perspective de développement en vogue parmi les habitants de la communauté était l’expansion de leurs troupeaux de bétail.

Ainsi, les câbles à haute tension et les pylônes métalliques de transmission de l’énergie ont fait partie du paysage de ces terres. Cependant, cela ne s’est pas fait sans de grandes tensions, des conflits et des négociations entre les populations indigènes concernées, les agences fédérales et les autorités locales des deux pays (Brésil et Venezuela).

Eletronorte était alors chargée de financer les compensations pour les réformes effectuées sur les domaines, et de générer un système de surveillance qui garantirait le départ d’environ cent dix occupants. En outre, les Indiens ont pu garantir la récupération des terres détériorées par la construction des tours d’énergie, ainsi que l’indemnisation des terres qui n’ont pu être récupérées en raison de leur proximité avec les lignes de transmission. De même, certains Indiens ont été individuellement indemnisés pour les dommages causés à leur propriété privée.

Le nettoyage de la terre indigène de São Marcos est devenu effectif après de nombreux conflits judiciaires avec les occupants, aggravés par le manque de dynamisme de la FUNAI, et surtout parce que le système judiciaire local a tenté de passer d’innombrables accords avec les envahisseurs. Ainsi, bien que les négociations aient commencé en 1997, ce n’est qu’en 2002 que le dernier propriétaire foncier a quitté la région.

En territoire vénézuélien, les conflits autour de la construction de la ligne de transmission électrique étaient beaucoup plus importants, de sorte que l’achèvement des travaux a été retardé de plus d’un an. De ce côté, les tours de transmission couvrent quatre-vingts kilomètres du parc national de la Gran Sabana et de la selva d’Imataca dans l’État de Bolivar (sud du Venezuela), où vivent plus de 50 communautés indigènes. C’est pourquoi les Indiens des ethnies Pemón, Akawayo, Arawako et Kariña ont protesté contre ce projet énergétique, et à plusieurs reprises, ils ont même paralysé les travaux, abattant des tours, bloquant des routes, en plus d’organiser une manifestation à l’ambassade du Brésil à Caracas.

Après de nombreuses négociations, en janvier 2001, un accord a été signé entre la FIBE (Fédération indigène de l’État de Bolivar) et le président Hugo Chavez. Une commission mixte a ensuite été mise en place, composée de représentants des indigènes et du gouvernement, afin de délimiter les zones indigènes et de recueillir des informations sur les communautés touchées par l’exploitation minière, la sylviculture et le tourisme dans la région. De même, le gouvernement vénézuélien s’est engagé à ne pas permettre l’installation de projets industriels publics et privés dans les communautés sans consulter les autorités de chaque groupe ethnique, ainsi qu’à créer un fonds permanent pour le développement intégral et durable, dans le but de soutenir les projets proposés par les communautés indigènes. Quelques mois plus tard (août 2001), la ligne de transmission d’énergie de Guri a finalement été inaugurée en présence des présidents du Brésil et du Venezuela.

traduction carolita d’un extrait de l »article sur le peuple Taurepang du site pib.socioambiental.org

Taurepang

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