Argentine : Le peuple Rankülche ou Ranquel

Publié le 27 Mars 2021

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Peuple autochtone qui habitait le territoire de l’actuelle Argentine et qui faisait partie des indiens Pampas (dont le peuple Het) lié aux Pehuenches, Puelches et Huarpes.

Dénommés de nos jours Ranqueles ils sont situés au centre du pays, dans le sud de San Luis et de Mendoza, Córdoba, Santa Fe et l’ouest de Buenos Aires.

Ils étaient chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, nomades, l’agriculture était peu importante. Ils faisaient le commerce du bétail qui était échangé contre des vins, de la yerba maté, des liqueurs ou des métaux.

L’artisanat était important dans leur activité : travail de la céramique, du cuir, des peaux, tissage, métallurgie de l’argent.

Ils sont restés tout au long du 19e siècle en alliance avec diverses tribus avec lesquelles ils attaquaient au cours de  » malones » (tactique de guérilla) en agression ou en représailles pour les invasions et les avancées des espagnols et plus tard des argentins dans l’ouest de la province de Buenos Aires, le sud de la province de Córdoba, les provinces de Mendoza, San Luis et Santa Fe.

Cosmovision

Le Pillán est un esprit maléfique vivant dans les montagnes, étant lié aux changements de temps, aux éruptions volcaniques, aux phénomènes naturels.

Une cérémonie « ouverture des oreilles » avait lieu chez les enfants de 4 ans. On leur perçait les oreilles avec des os d’autruche, le sang était versé pour les esprits afin qu’ils soient bons envers lui.

Un rituel d’initiation féminin existait également, une jeune femme lors de son premier cycle était isolée dans un abri fermé par des peaux, avec l’interdiction de voir des hommes pendant toute l’initiation. La mère ou une femme proche d’elle emmenait la fille dehors pour la faire courir jusqu’à ce qu’elle soit épuisée. Elles la ramenaient à l’abri jusqu’au coucher du soleil le jour suivant, l’opération se répétait 2 jours de suite.

Au 3e jour, la jeune fille ne devait pas courir mais porter 3 brassées de bois de chauffage et le placer à 3 endroits différents sur le chemin menant à l’abri de sorte que chacun savait qu’elle était devenue une femme à présent et que son initiation était terminée.

Les hommes de ce peuple pouvaient avoir plusieurs femmes à condition qu’ils puissent les garder à égalité.

Quand une personne était malade, ils appelaient le guérisseur ou la sorcière qui avec des potions, le sacrifice d’animaux, des herbes pouvait éliminer le mal à l’intérieur de la personne affectée.

Le système de gouvernement était hiérarchisé, on trouvait du poste le plus important au moins important : le cacique mayor, la caciquillo, le capitanejo, le kona puis les femmes, les enfants et les anciens.

Aujourd’hui ils conservent les architectures, les objets instrumentaux des ancêtres, les femmes continuent de perpétuer l’art du tissage

Population : 14.860 personnes

Les Ranküllche ou Ranqueles étaient l’un des trois grands peuples indigènes qui dominaient la scène au centre de la pampa argentine au XIXe siècle. Au sud de leurs tolderías se trouvaient les Mapuche Huilliches de Calfucurá et Namuncurá, dans la région des Salinas Grandes, et à l’est et au sud, dans une large zone située entre les provinces actuelles de Buenos Aires et de La Pampa, les Gününa Küna Mapuche de Vicente Catrunao Pincén, avec leur établissement final dans la lagune de Malal Co.

Le peuple des roselières

C’est l’une des traductions acceptées du nom ranqueles, rankulches ou rankacheles. Ils étaient répartis en trois grands groupes sur les sites de Leubucó, Poitagüe et El Cuero. Cette ethnie s’est consolidée du XVIIe au XVIIIe siècle avec l’apport de différents groupes tels que les tehuelches du nord (querandíes), les pehuenches « araucanisés », les mapuche et les huilliche. Ils ont toujours maintenu une autonomie ethnique, culturelle et politique par rapport aux peuples mapuche et tehuelche.

Les principales lignées étaient celle de Yanquetruz (plus tard Pichún Gualá, Baigorrita et Lucho Baigorrita) à Poitagüe ; celle des Zorros (Gnerrë, Güor) de Painé Gnerrë , suivie de Calvaiñ Huaiquigñër ou Galván Rosas ; Mariano Rosas ou Panguitruz Gnerrë et Epumer à Leubucó ; et enfin celle de Carripilon, dont le cacique Ramón « Platero » Cabral dans la zone de la lagune de El Cuero serait supposé être le descendant.

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Leur origine

Plusieurs suppositions sont faites sur celle-ci.

Sous-groupe des Tehuelches, nommés alors Puelches de Mamulche (en langue mapuche mamûl = bois, che= gens ou peuple, peuple de la montagne). Ce groupe était composé de différentes tribus : salineros (chediches), jugilleros, medaneros (looches), chañares (chicalches), argiles (camelooches), rankulches.

Leur territoire se situait entre le rio Negro, le rio Neuquén, le rio Grande, le rio Diamante, le sud de la province de San Luis, le sud de la province de Córdoba, de Santa Fe, la frange ouest de la province de Buenos Aires.

Certains auteurs les considèrent d’origine Pehuenche.

  • XVIIIe siècle : Antonio Serrano affirme qu’au début du XVIIIe siècle les Ranqueles vivaient dans la pampa et que l’araucanisation totale et définitive était achevée au début du XIXe siècle.
  • 1750 : on commence à les appeler Ranqueles (peuple des roselières) afin de les différencier des autres groupes Pehuenches de la région.
  • 1772 : le père Sanchez Labrador affirme qu’ils étaient agriculteurs, chasseurs à cheval et les mettaient en relation avec les Moluches ou Mapuches.
  • 1870 : Lucio V.Mansilla les désigne comme une tribu araucane qui est arrivée du Chili à la source du rio Chalileo par différentes vagues de migrations.
  • Rodolfo Casamiquela affirme qu’il s’agit d’une transformation de la population occidentale des Querandíes araucanisés par les tribus Pehuenches du nord de Neuquén. Le querandí selon lui serait apparenté au gününa küne la langue des Tehuelches du nord au sud.
  • Jorge Fernández affirme que les Ranqueles sont des Pehuenches d’une région appelée Ranquil au nord de Neuquén. Cette hypothèse basée sur une analyse minutieuse des documents des chroniqueurs et des voyageurs de l’époque est acceptée et ne soulève aucun doute à cet égard.

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Langue

D’un point de vue linguistique, le Ranquel est une variété de la langue mapuche ou araucane, qui présente des similitudes phoniques avec le picunche, un dialecte du nord de l’Araucanie chilienne.
La langue Ranquel est non grammaticale, c’est-à-dire qu’elle n’a pas d’écriture.
En 1983, on a commencé à enregistrer les quelques locuteurs et semi-locuteurs restants.
Le lexique a été réduit, tout comme les règles qui régissent la langue.
Un dictionnaire a été élaboré en 2001.
S’ensuit une série d’articles sur les niveaux phonétique, phonologique, morphosyntaxique et lexical.
Du point de vue juridique, depuis 1985, une série de lois ont été promulguées en Argentine, comme la loi nationale n° 23.302/85 sur la « politique indigène ou le soutien aux communautés autochtones », qui reconnaît, entre autres, le droit des indigènes à une éducation bilingue et interculturelle, une revendication permanente des peuples indigènes.
La langue Ranquel étant une langue non grammaticale, il était indispensable de créer un script pour l’enseigner.
Le premier cours a eu lieu à l’école de Santa Isabel en 1996.
Les graphèmes propres au Ranquel, différents de ceux de l’espagnol, ont été utilisés.
Il a été convenu de se baser essentiellement sur l’Alphabet Mapuche unifié conçu au Chili en 1986.
Très peu de modifications ont été apportées à l’alphabet mapuche unifié. Le dictionnaire était basé sur cet alphabet. Cependant, il reste encore quelques ajustements grammaticaux à faire.
Il est vital que cette langue reprenne de la vigueur au niveau communautaire pour ne pas finir par s’éloigner de la langue d’origine.
En 1998, une série de brochures sur différents sujets linguistiques, historiques et culturels a été préparée dans l’intention de servir de matériel didactique pour le cours de langue Ranquel. Ils n’ont jamais été publiés par le ministère.
La transmission intergénérationnelle de la langue a été interrompue. Il est essentiel d’augmenter l’interaction entre les membres de la communauté de Ranquel afin de revitaliser et de récupérer la plénitude de leur langue, en s’appuyant également sur ses aspects métalinguistiques.

Poésie

Pichi curüf (petit vent)

Pichi curüf —— petit vent
Left mapu —— de la plaine
Pichi curüf —— petit vent
Mew wigkull.. —— de la cordillère


Mincé pewma —— j’ai des rêves
Pichi curüf —– petit vent
Buta pewma —— de grands rêves
Wellu mapú ——- ciel d’en haut

Incé ulkantün —— je te chante
Pichi curüf —— petit vent
Buta ulkantün —— grand chant
Ñuke mapa mew —— de la terre-mère.

source

traduction carolita

Cacique Ranquel Pincén 

Histoire

  • 1725 : 2 caciques Pehuenches et 70 familles s’installent parmi les Pampas dans la région frontalière de la province de Neuquén et de la province de Mendoza où dominent les roselières, une plante nommée rangkül en mapuche. Le commerce existe entre les Pampas (bétail et sel) et les Mapuche du territoire de l’actuel Chili (boissons alcoolisées et sucre).
  • Entre 1775 et 1790 : un groupe de ces Ranqueles avance vers les contreforts andins sur un territoire qu’ils appelleront Mamüll Mapu (mamüll = bois de chauffage, mapu = territoire). Sur ce territoire il y a des forêts de calden, caroubiers, chañares. Ils s’installent entre les rios Cuarto (ou Chocancharava) et Colorado (sud des actuelles provinces de San Luis, Córdoba,Pampa). Parmi eux il y a Carripilum né à Ranquil et établi à La Pampa vers 1789.
  • 1795 : Le cacique Carripilum avec Llanquelen et 80 autres caciques signe d’importants traités de paix avec Simón de Gorondo à la frontière de Córdoba. Carripilum sera reconnu comme principal chef des nations de la Pampa, il a même proposé 3000 lanciers à la disposition du vice-roi Rafale de Sobremonte pour défendre la ville de Buenos Aires contre les invasions des anglais mais le vice-roi a préféré se retirer à Córdoba et organiser la défense.
  • Entre 1833 et 1834 les Ranqueles résistent avec succès à la campagne des Roses du désert.
  • Les campagnes préalables à la conquête du désert seront une série de pactes et de trahisons consécutifs qui seront perpétrés contre les noms des caciques Cabral, Nahuel, Epumer et Baigorrita.
  • Automne 1870 : le général Lucio V.Mansilla voyage à Leubucó pour négocier un traité de paix à égalité, signé cette année-là. La revue de son voyage est publiée sous le nom Une excursion chez les indiens ranqueles, c’est l’une des principales sources d’information sur le peuple Ranquel. Au moment où le livre a été écrit il y avait 11.000 ranqueles habitant le territoire entre la lagune de Cuero au nord, le rio Salado à l’ouest et les Salinas Grandes au sud, la pampa à l’est.
  • Avec la conquête du désert commencée en 1878 par Julio Argentino Roca, les Ranqueles seront vaincus et les premiers à subir l’exil et les répartitions entre les familles riches et les dommaines de Buenos Aires et du nord du pays.

Les descendants de ces Ranqueles font aujourd’hui partie des régions de Tucumán, de Mendoza, La Rioja, San Juan, Jujuy, Córdoba, Buenos Aires et Santiago del Estero.

source

Festivités et pratiques culturelles

Les ranqueles célèbrent le début de l’année chaque 24 juin, au moment du solstice d’hiver ; c’est la fête du weny tripantu ou Wiñoy Tripantú.
C’est à partir du 21 juin que commence la renaissance, le chemin vers le soleil, la naissance d’un nouveau cycle.
Il se traduit par le nouveau lever du soleil, un rite ancestral de renouvellement des forces du cosmos et de la nature.
Cela se produit à l’époque du Pukem (hiver).
L’importance de ce rite est que nous, en tant que partie de la nature et d’un cosmos intégral, renouvelons nos forces et nos connaissances dans l’espoir d’un avenir meilleur.
Nous attendons éveillés la nouvelle année, nous commençons par faire le nguillatun, c’est-à-dire l’élévation des prières à Vutachao, le grand père et le dieu suprême, et ensuite nous invoquons Nguenechen, dieu du peuple.
Nous nous réunissons autour du rehué qui est le lieu de prière (RE : pur, HUE : lieu) et du quemu-quemu, un totem à quatre marches, élément de la « machi » ou guide spirituel.
Nous prions Vutachao pour la santé des gens, pour la ferme, pour de bonnes pluies, pour de bonnes semences, pour engraisser le bétail. Puis nous faisons quatre tours et crions pour nous débarrasser des mauvais esprits et ouvrons nos mains pour attirer les bons.
La réunion commence par un feu de camp et, à l’aube, nous commençons à jouer du cultrun, un instrument qui représente l’univers, ainsi que des trutrucas et de la pifilka, dont le son réunit les hommes à Dieu.
Parmi les expressions religieuses encore pratiquées aujourd’hui figure la choique pürrun ou danse de l’ñandú.

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La machi, la guérisseusse, est le pont entre la communauté et le monde surnaturel. Connaissant l’utilisation des plantes médicinales et l’art de la divination, elle joue également un rôle important dans les cérémonies ou les prières communautaires.
L’un des jeux pratiqués par les ranqueles est le palihue, « pali » : balle utilisée pour le jeu et « hue » : lieu, cour où il est joué. Ce jeu est considéré comme un jeu qui, dans certaines circonstances, a la caractéristique d’être sacré. Pratiqué par les hommes, il servait à entraîner les muscles de tout le corps, à développer l’agilité, etc. En plus d’être un élément ludique important dans la vie de l’enfant.
Comme expression de leur art, la laine est travaillée et de magnifiques tissus et ponchos sont tissés. Les colorants pour teindre leurs tissus sont extraits de la jarilla, de la chilca, du retortuño, de la carqueja, du piquillín, de l’eucalyptus et de la pelure d’oignon, qui donneront le ton ocre, brun, jaune ou vert à leurs pièces, et avec la suie ils obtiennent le noir.
De nombreuses communautés de La Pampa avaient leurs propres orfèvres ou « retrafé » qui travaillaient leurs propres pièces. Le cacique Ramón Cabral était connu sous le nom de Ramón el Platero (Ramón l’orfèvre), en raison de son métier. Ces hommes étaient très respectés. Ils fabriquaient également des objets artisanaux et des travaux en cuir, en céramique et en bois de caldén (prosopis caldenia).

traduction carolita

source

GALERIE D’IMAGES sur flickR

Una excursión a los indios ranqueles de Lucio V. Mansilla

Sources : wikipedia en espagnol

sur les origines 

  •  Casamiquela, Rodolfo M. (1995): Bosquejo de una etnología de la provincia de Neuquén (pág. 114 y 152, nota 163). Buenos Aires: Gobernación de la Provincia de Neuquén, Secretaría de Estado de Acciones Sociales y Comunitarias, Subsecretaría de Cultura, Ediciones La Guillotina
  • Fernández Chitti, Jorge (1998): Historia de los indios ranqueles. Orígenes, elevación y caída del cacicazgo ranquelino en la Pampa central (pág. 25-94). Buenos Aires: Instituto Nacional de Antropología y Pensamiento Latinoamericano.
  • Fernández Garay, Ana. 1991. Un relato tradicional ranquel: el kotïr, Memorias de las Segundas Jornadas de Estudio de la Narrativa Folklórica, Santa Rosa, 2-4 de mayo.
  • Steibel, Pedro Eduardo. 1997. Nombres y usos de las plantas aplicados por los indios Ranqueles de La Pampa (Argentina), Revista de la Facultad de Agronomía. Santa Rosa: Universidad Nacional de la Pampa, 9 (2): 1-40.
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